Toubani de l’Atacora, dambou, wake et foura du Borgou, ablo du Mono, hanlan et gbokpètè de l’Ouémé et du Plateau, bomiwo du Zou-Collines, abla, lèlè et hwesodja de l’Atlantique-Littoral : la Rue des carnavals de Ouidah a aligné samedi 17 octobre 2026 les plats d’à peu près tous les terroirs du pays. Avec, pour les accompagner, du jus d’ananas, du jus de baobab, du sodabi et de l’atan.
L’événement, baptisé « le goût des terroirs du Bénin », en était à sa deuxième édition. Il est porté par le ministère des Petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’emploi, à travers le Fonds de développement de l’artisanat (FDA), avec l’appui de la mairie de Ouidah et de l’Union générale pour le développement de Ouidah. Le directeur général du FDA, Clétus Nestor Guézo, a indiqué que le festival figure au plan de travail annuel 2026 de l’établissement et qu’une vingtaine de restaurateurs et de restauratrices, venus de l’ensemble des départements, y tenaient un stand.
Derrière la dégustation, une politique publique. Le secrétaire général du ministère, Cocou César Aklossou, qui représentait la ministre, a rattaché l’opération à la branche 1 de l’artisanat béninois, celle qui regroupe l’agroalimentaire, l’alimentation et la restauration. L’agroalimentaire et la transformation locale figurent parmi les priorités stratégiques du ministère, a-t-il déclaré.
Chaque plat issu de nos terroirs que nous valorisons, c’est un artisan restaurateur qui exprime son savoir-faire, c’est une PME locale de transformation agro-alimentaire qui trouve des débouchés et c’est un producteur agro-alimentaire béninois qui se révèle
Cocou César Aklossou, secrétaire général du ministère des Petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’emploi
Le responsable y voit « une chaîne de valeur complète, un écosystème dynamique et créateur d’emplois ». Le calendrier n’est pas neutre : le festival s’est tenu en octobre, mois consacré à la consommation des produits locaux, une campagne qui revient chaque année dans l’espace ouest-africain et que les ministères de l’artisanat utilisent pour pousser les transformateurs nationaux vers les circuits de distribution formels. Ni le budget de l’édition, ni le chiffre d’affaires réalisé par les exposants n’ont été communiqués, selon le compte rendu de Matin Libre.
Clétus Nestor Guézo a pour sa part présenté la gastronomie comme une mémoire transmise de génération en génération, et rendu hommage aux femmes qui, dit-il, font vivre ces traditions derrière leurs fourneaux. Ouidah, cité de Kpassè, connue pour son histoire et pour son tourisme mémoriel, accueillait l’événement pour la deuxième fois consécutive.
Le maire de la commune, Christian Houétchénou, a remercié le FDA d’être revenu, et s’est porté candidat pour une troisième édition. Aucune date n’a été annoncée. Reste à savoir ce que ces deux journées laissent aux restauratrices une fois les stands démontés : des commandes, ou un souvenir.