230,8 millions de dollars, soit environ 138,5 milliards de francs CFA. C’est le montant que le directeur général du groupe Ecobank, Jeremy Awori, a annoncé à l’issue de son entretien avec le président de la République, Romuald Wadagni, lors d’une visite au Bénin. Il s’agit d’un accord de principe, pas encore d’un décaissement. La date de la rencontre n’a pas été précisée.
Avec cette enveloppe, la limite des financements et des investissements en titres mobilisés par le groupe au profit du Bénin atteint 630 milliards de francs CFA, selon les éléments communiqués par Ecobank et repris par Matin Libre. Ce plafond recouvre deux métiers distincts : les prêts consentis à l’État et les titres publics que la banque détient en portefeuille, achetés sur le marché régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, où Cotonou se refinance régulièrement.
À quoi serviront ces fonds ? Les échanges ont porté sur le financement des infrastructures, le développement agricole, l’accompagnement des petites et moyennes entreprises, l’autonomisation économique des femmes et le commerce intra-africain. Le groupe, dont le siège se trouve à Lomé et qui dispose de filiales dans une large partie du continent, dit vouloir s’appuyer sur ce maillage pour fluidifier les opérations transfrontalières des entreprises béninoises.
Grâce à notre réseau panafricain et à notre engagement en faveur de l’intégration économique du continent, nous sommes idéalement positionnés pour accompagner le Bénin dans le développement des échanges intra-africains et permettre à ses entreprises de saisir davantage d’opportunités de croissance à travers l’Afrique
Jeremy Awori, directeur général du groupe Ecobank
L’annonce tombe alors que la filiale béninoise affiche des comptes solides. Au terme de l’exercice 2025, Ecobank Bénin a dégagé un résultat avant impôt de 22,61 milliards de francs CFA et un bénéfice net de 18,96 milliards, en hausse de 19 % sur un an. Sa rentabilité des fonds propres ressort à 35 %, contre 15,2 % pour l’ensemble du marché bancaire béninois et 16,1 % dans la zone Uemoa : pour cent francs apportés par les actionnaires, la banque en gagne trente-cinq, soit plus du double de la moyenne régionale.
Autre indicateur suivi de près par les régulateurs, le taux de dégradation du portefeuille de crédit, c’est-à-dire la part des prêts que les emprunteurs ne remboursent plus normalement. Il s’établit à 1,94 % pour la filiale, contre 4,1 % au niveau national et 9,1 % dans l’espace communautaire. Un écart qui traduit une sélection serrée des dossiers, et qui pèse dans la capacité d’une banque à prêter davantage.
La banque pousse par ailleurs ses canaux numériques. En 2025, les opérations passées par Ecobank Mobile et Ecobank Online ont progressé de 62 % en volume et de 84 % en valeur, celles des clients entreprises de 43 %. Pour un commerçant de Dantokpa ou un transitaire de Sèmè, ces chiffres disent une chose : le paiement transfrontalier migre vers le téléphone.
Reste l’essentiel, qui n’est pas encore public. Ni le calendrier, ni les conditions de taux, ni la liste des projets retenus n’ont été communiqués. Un accord de principe n’est pas une signature.