L’indemnité de logement instituée par le chef de l’État ne concerne que les agents qui dépendent directement de l’État. Les syndicats, eux, veulent l’étendre aux personnels recrutés par d’autres structures, à commencer par les universités. Boubacar Camara dit la demande fondée. Il la dit aussi coûteuse, et c’est là que le dossier se bloque : selon le ministre, la question se pose moins sur le terrain juridique que sur celui du financement.
L’évaluation financière situe l’incidence autour de 10 milliards de FCFA, soit un peu plus de 15 millions d’euros, pour l’ensemble du personnel administratif, technique et de service. La discussion, a précisé le ministre lors du point de presse du gouvernement, avait commencé avant son arrivée. « Même si vous prenez un nouveau texte sans solution de financement, vous allez signer un protocole qui ne sera pas mis en œuvre », a-t-il averti.
Qui paiera ? Le ministère a demandé aux établissements de fournir leurs simulations et d’indiquer leurs capacités de financement. Si ces ressources couvrent la demande, le dossier passe sans difficulté ; sinon, Boubacar Camara saisira le ministère des Finances. Il attend ces chiffres à la suite de la dernière réunion de coordination, tenue la semaine dernière. La source ne précise pas si les 10 milliards correspondent à une charge annuelle ou à une dépense ponctuelle.
Le ministre a salué la souplesse des syndicats, qui n’excluent pas une mise en œuvre progressive. Selon lui, le point n’est pas un obstacle mais « un problème de temps ». Il a rappelé qu’il reçoit les organisations syndicales en début de semaine, à 17 heures, après avoir renoncé à un créneau de fin de matinée jugé trop proche de l’heure de la prière. La porte, a-t-il assuré, reste ouverte à tous les responsables et associations.
Le second dossier porte sur l’enseignement supérieur professionnel, un dispositif que l’État a mis en place depuis plus d’une dizaine d’années pour offrir des formations courtes adossées au secteur privé. La loi d’orientation date de janvier 2024. Quatre décrets manquent encore : organisation et fonctionnement des établissements, statut des enseignants, statut du personnel administratif, technique et de service, organisation des diplômes. Le ministère a transmis ces textes aux services de l’État, qui ont formulé leurs observations ; le ministère les a intégrées avant un nouvel envoi.
Boubacar Camara reconnaît la lenteur du processus et juge « tout à fait normal » que les syndicats se mobilisent dans ces conditions. Le gouvernement, dit-il, reste engagé à faire aboutir les deux dossiers.
Reste l’arithmétique. Tant que les universités n’auront pas rendu leurs simulations, aucun arbitrage budgétaire ne sera possible, et aucun calendrier n’a été communiqué pour la publication des quatre décrets. Les chiffres, désormais, sont dans le camp des établissements.