Un diplomate soigné dans le Territoire de la capitale fédérale, à Abuja, aurait vu son état évoluer vers une défaillance de plusieurs organes, écrit The Punch, cité dans la même revue de presse. C’est chez ce patient que la souche Bundibugyo a été identifiée, premier cas recensé dans le pays. Les gouvernements fédéral et des États ont renforcé la surveillance, le traçage des contacts et leurs dispositifs d’urgence pour éviter la propagation de la maladie.
Contre cette souche, l’OMS indique qu’il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. La prise en charge se limite donc aux soins de soutien. C’est une différence majeure avec les épidémies des dernières années.
Les vaccins homologués contre Ebola, déployés notamment lors des flambées en République démocratique du Congo, ciblent l’espèce Zaïre du virus. Ils n’offrent pas de protection démontrée contre Bundibugyo, espèce distincte, décrite pour la première fois en Ouganda. Autrement dit, les outils qui ont permis de casser des chaînes de transmission ailleurs ne sont pas transposables ici, et la riposte repose entièrement sur ce que la santé publique sait faire sans produit médical : identifier, isoler, suivre.
Le Nigeria connaît cet exercice. En 2014, un voyageur arrivé par avion à Lagos avait introduit le virus dans la plus grande ville du continent ; le pays avait éteint la flambée grâce au traçage des contacts, alors que l’épidémie ravageait la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone. Cette crise-là avait aussi laissé une facture : fermetures de frontières, suspensions de liaisons aériennes, commerce régional désorganisé pendant des mois.
Abuja est aujourd’hui l’un des principaux points d’entrée aériens de l’Afrique de l’Ouest, et la détection d’un cas dans la capitale fédérale concerne mécaniquement les pays voisins. La revue de presse ne précise pas combien de contacts sont actuellement suivis, ni dans quels États.
La période d’incubation d’Ebola peut atteindre vingt et un jours. C’est ce délai, et lui seul, qui dira si la chaîne de transmission a été coupée à temps.