Un emploi sur cinq lié à l’agriculture : c’est le poids de la ferme dans l’économie de la Caroline du Nord, et c’est ce qui rend le vote de cet État difficile à prévoir. Les exploitants y affrontent une incertitude économique nourrie par trois facteurs qui s’additionnent, selon France 24 : le renchérissement du gazole, celui des engrais et les effets des droits de douane sur le marché mondial. Autant de postes qui se paient avant la récolte, quand le revenu, lui, n’arrive qu’après.
La question posée est simple. Cette dégradation des comptes d’exploitation va-t-elle déplacer des voix dans des comtés longtemps considérés comme des bastions républicains ? Plusieurs États dont les sièges étaient autrefois acquis aux républicains sont aujourd’hui vacillants, et la Caroline du Nord figure parmi eux.
Le président Donald Trump n’a jamais été aussi impopulaire, écrit France 24, qui ne détaille pas les mesures sur lesquelles s’appuie ce constat.
Les élections de mi-mandat interviennent à la moitié du mandat présidentiel. Les électeurs y renouvellent l’intégralité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, ainsi que de nombreux postes d’exécutifs d’États. Le parti du président y perd traditionnellement du terrain, ce qui transforme le scrutin en test de mi-parcours. Une majorité qui bascule au Congrès change la capacité de la Maison Blanche à faire voter un budget ou une loi commerciale.
Pour un agriculteur, la mécanique est concrète. Le gazole fait tourner les tracteurs, les séchoirs et les camions ; les engrais azotés et phosphatés s’achètent sur un marché mondial, où les prix se forment loin des exploitations qui les consomment. Quand les deux montent en même temps, la marge se contracte quelle que soit la qualité de la campagne. Les barrières douanières, elles, jouent sur l’autre jambe du revenu : celle des débouchés à l’exportation.
Ce dernier point dépasse les frontières américaines. Les engrais et les céréales se négocient sur les mêmes places pour un planteur de Caroline du Nord et pour un producteur de riz ou de maïs ouest-africain, dont les coûts d’intrants dépendent aussi de ces cours. La dépêche de France 24 ne fournit pas de chiffre sur l’ampleur des hausses constatées.
Reste à savoir si le mécontentement sur le prix du baril et du sac d’engrais se traduira dans les urnes. Les résultats comté par comté diront quelle part du monde rural a bougé. Les tracteurs, eux, roulent déjà au prix fort.