Vingt-six jours séparent l’interpellation des trois hommes, le 27 juillet 2026 à Lomé, de la première parole publique des autorités togolaises sur cette affaire. Les deux réalisateurs français tournaient dans le nord du pays un épisode des « Routes de l’impossible », série documentaire diffusée sur France Télévisions, quand ils ont été arrêtés. Leur guide togolais, Fred Vedomey, se trouve détenu avec eux.
Le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) et Truth Reporting Post (TRP) réclament leur libération immédiate et sans condition. Dans une déclaration commune relayée par Icilome, les deux structures qualifient la procédure d’« inappropriée » à l’encontre de professionnels de l’information en exercice, et disent s’étonner que l’État ait autorisé l’entrée des journalistes et de leur matériel sur le territoire avant de les placer en détention pour des faits présentés comme des « activités non autorisées ».
Les deux organisations rappellent qu’aucun journaliste, togolais ou étranger, ne devrait être privé de liberté au seul motif de l’exercice de son métier. Elles invoquent les lois togolaises et les conventions internationales ratifiées par le pays, et disent apporter leur soutien aux deux réalisateurs, à leur guide et à leurs familles.
La formule employée par le gouvernement n’est pas anodine. Dans les procédures pénales héritées du droit français, comme au Togo, les « indices graves et concordants » constituent le seuil qui permet à un juge de mettre une personne en cause et, le cas échéant, de la maintenir en détention. Ce n’est ni un jugement ni une condamnation : les trois hommes demeurent présumés innocents tant qu’aucune juridiction ne s’est prononcée.
Le guide, lui, est togolais. Dans le métier, ces accompagnateurs locaux ouvrent les portes, traduisent, négocient les passages et connaissent les routes que les équipes étrangères viennent filmer ; ils repartent rarement avec les équipes quand une affaire judiciaire s’ouvre, et restent exposés bien après le départ des projecteurs. Fred Vedomey apparaît d’ailleurs en dernière position dans la plupart des communications consacrées à ce dossier.
Pour le Togo, l’épisode intervient alors que le pays cherche à valoriser son corridor logistique et son port en eau profonde auprès des investisseurs de la sous-région. Le PPT et TRP estiment que la détention de journalistes en reportage porte atteinte à l’image du pays sur la scène internationale.
Aucune date d’audience ni aucun calendrier judiciaire n’ont été rendus publics à ce stade. La qualification exacte des faits reprochés aux trois hommes reste, elle aussi, à préciser par le parquet.