« Les médicaments sont en route. » La phrase est du garde des Sceaux, prononcée au cours de sa tournée dans les deux établissements de Basse-Guinée. Le ministre a détaillé ce qui a déjà été engagé sur place : « Cela nous a permis de faire l’extension à certains endroits et de procéder à l’épuration de certaines fosses septiques. » Aucun calendrier n’a été communiqué pour la livraison annoncée.
La visite avait un objet précis : voir dans quelles conditions vivent les détenus transférés et vérifier leur prise en charge. « On est venu voir comment ces personnes en conflit avec la loi, qui ont été admises dans ces différentes maisons de détention, vivent, mais aussi leur montrer qu’elles ne sont pas laissées pour compte. Ce ne sont pas des renégats, ce sont des personnes qui ont aussi certains droits », a déclaré Ibrahima Sory II Tounkara, cité par Africa Guinée.
Le nombre de personnes concernées par ces transferts depuis la Maison centrale de Conakry n’a pas été précisé, pas plus que le motif de leur déplacement. Le ministre a assuré que des mesures étaient prises pour améliorer les conditions de vie et de détention dans les deux centres.
Coyah et Forécariah ne sont pas des points anodins sur la carte. La première est un carrefour routier, à la sortie de la capitale, par où passe le trafic vers l’intérieur du pays. La seconde s’étire vers la frontière sierra-léonaise. Sortir un détenu de Conakry, c’est aussi éloigner sa famille du parloir : chaque visite devient un trajet, et un trajet coûte.
L’administration pénitentiaire relève du ministère de la Justice. Médicaments, eau, hygiène, vidange des fosses : ces chantiers reviennent à chaque inspection ministérielle, dans un secteur où l’entretien courant pèse autant que les textes.
Reste à savoir qui contrôlera l’arrivée effective des médicaments annoncés, et quand. Le ministre a parlé. Les registres des deux centres, eux, diront le reste.