Les bureaux ouvrent à 7 h TU et ferment à 17 h TU. Une seule question figure sur le bulletin : « Êtes-vous d’accord sur l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition ? ». Le vote se tient sur l’ensemble du territoire, au suffrage universel direct, secret et personnel.
Le texte déplace le centre de gravité du pouvoir. Le Premier ministre ne serait plus élu par l’Assemblée nationale, ni nécessairement issu de la formation majoritaire au Parlement : le président le nommerait et pourrait le révoquer. Le chef de l’État présiderait le Conseil des ministres et disposerait du droit de dissoudre le Parlement. La junte au pouvoir affiche un objectif de clarification des attributions de l’exécutif et de stabilisation des institutions avant le scrutin de décembre.
L’arithmétique des institutions change aussi. L’Assemblée nationale passerait de 102 à 65 sièges, et le nombre de districts de 29 à 12, officiellement pour réduire les dépenses publiques. Le montant des économies attendues n’a pas été chiffré.
L’accès à la présidentielle se resserre. Tout candidat devrait déposer une caution de 50 millions de francs CFA, soit environ 76 000 euros au taux fixe qui lie la monnaie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine à l’euro. Les partis soutenant un candidat devraient en outre réunir les signatures d’au moins 5 000 de leurs membres, dont 300 au minimum par région. Pour les petites formations, la barre est haute.
Le PAIGC, parti historique de l’indépendance, appelle les électeurs à rester chez eux. Il dénonce un référendum organisé « dans un contexte de restriction des libertés publiques », avec des sièges de formations politiques fermés et l’interdiction faite aux partis de participer à la campagne, rapporte RFI. Une partie de la société civile conteste elle aussi qu’un pouvoir de transition non élu réécrive la loi fondamentale.
Le pays est dirigé par une junte militaire depuis le coup d’État de novembre 2025. Depuis son indépendance, proclamée en 1974, la Guinée-Bissau a enchaîné les coups de force et les tentatives de renversement, au point que la question de la stabilité institutionnelle domine chaque cycle électoral.
Ce référendum ouvre une séquence plus large : les élections générales sont annoncées pour le 6 décembre 2026, présentées par les militaires comme l’étape du retour des civils au pouvoir.
Reste le décompte. Le taux de participation dira ce que pèse, dans les urnes, le mot d’ordre d’abstention du PAIGC.