« Le seul frère qu’il me reste, c’est la radio. » La phrase est de Josiah Johnson, quatre-vingt-sept ans, malade et confiné à son domicile du quartier de Patience’s Shop, à Barnersville. Le président libérien Joseph Nyuma Boakai lui a rendu visite au cours du week-end des 5 et 6 septembre 2026, entouré de sa délégation et de la famille de l’ancien international. « Je suis heureux de voir mon ami et frère ici, au moment de ma maladie », a déclaré l’ancien sélectionneur, qui dit avoir été prévenu de la venue du chef de l’État par un émissaire.
Josiah Johnson est né le 27 juillet 1939 à Botaw, dans le comté de Sinoe. Il a porté le maillot des Lone Star de 1958 à 1971, avant d’en devenir le sélectionneur de 1971 à 1978, puis d’occuper d’autres fonctions techniques. Son nom reste attaché à la victoire libérienne 3-1 contre le Ghana en 1979 et au parcours du pays dans le tournoi à six nations la même année. La présidence libérienne présente Joseph Boakai comme un ami de longue date de l’ancien entraîneur.
Un toit percé et des caniveaux bouchés
L’homme n’a pas seulement parlé football. Il a décrit au président l’état de sa maison et de la route qui y mène. « La toiture de ma maison est endommagée », a-t-il dit, évoquant des chantiers voisins et un réseau d’évacuation hors d’usage : « L’eau et les caniveaux sont tous bouchés. » Il a aussi affirmé que des tiers convoitaient des biens acquis par sa famille dans le passé.
« Nous avons entendu votre détresse », a répondu Joseph Boakai, selon le compte rendu de FrontPage Africa. Le président a chargé son directeur de cabinet de prendre l’attache de la famille et d’évaluer l’aide que l’État peut apporter, en particulier pour la réfection du toit. Il s’est également engagé à examiner la remise en état de la voie desservant le domicile. Aucun montant, aucun calendrier n’a été communiqué.
Une route citée comme bilan
C’est précisément une route que Josiah Johnson a mise en avant pour saluer l’action du gouvernement. « Je veux que la presse le rapporte : en moins de quatre ans de l’administration de mon ami, une voiture a pu partir de Cape Palmer, passer par Grandcess, le comté de Sinoe, le Grand Bassa, et rejoindre Monrovia en moins de six heures », a-t-il déclaré, qualifiant le chef de l’État de « dirigeant envoyé par Dieu ». L’axe côtier du sud-est libérien, qui relie les comtés producteurs de caoutchouc, d’huile de palme et de vivriers à la capitale, est de longue date le point noir de la circulation des marchandises pendant la saison des pluies.
L’ancien sélectionneur est ensuite allé plus loin. « Dans quelques années, il y aura une élection, mais je suis optimiste, je suis plus que confiant : mon ami repartira », a-t-il affirmé. La date du prochain scrutin présidentiel n’est pas précisée dans le compte rendu.
Joseph Boakai a, de son côté, rattaché la sélection actuelle à celle des années 1960 et 1970. « Les Lone Star d’hier ont tracé la voie aux Lone Star d’aujourd’hui », a dit le président, qui a évoqué les efforts de son gouvernement en faveur de la formation des jeunes joueurs, dont la construction d’une académie de football. Ni le coût de cet équipement, ni son implantation, ni sa date de livraison n’ont été indiqués.
Reste le plus concret. Un toit à réparer, une rue à reprendre, et un directeur de cabinet chargé de chiffrer l’un et l’autre.