Trois chantiers ont occupé la table : l’exécution des projets déjà engagés, les délais de passation des marchés et le rythme des décaissements. Les deux parties en ont fait des priorités communes, selon Vision Guinée, qui situe la rencontre dans la semaine précédant le 12 octobre 2026. Autrement dit, avant de parler d’argent neuf, il s’agit de dépenser mieux celui qui est déjà promis.
La délégation guinéenne est venue avec un dossier précis. « Nous avons présenté aux équipes de la Banque africaine de développement le programme Simandou 2040 et des projets stratégiques dans des secteurs structurants comme ceux en charge des infrastructures, des transports, de l’agriculture et de l’énergie », indique Mariama Ciré Sylla. Le gouvernement guinéen dit vouloir faire de sa richesse minière un « levier de transformation économique durable et inclusive ».
La Banque, de son côté, a présenté ses outils. « Ils nous ont aussi indiqué l’alignement de leur programme pays avec le programme Simandou 2040 et nous ont également présenté des instruments et de nouveaux mécanismes de financement innovants que la Banque africaine de développement met à la disposition des pays africains », poursuit la ministre, qui ajoute que l’institution s’est engagée à élargir son appui « non seulement en termes de financements octroyés, mais aussi en termes de capacités et d’équipes déployées sur le territoire guinéen ».
Le directeur général du Bureau régional de développement de la BAD, Lamine G. Barrow, place la Guinée sur le terrain de l’intégration régionale. « En matière d’intégration régionale, la Guinée est très importante. C’est un rôle historique pour la Guinée », déclare-t-il. Et de préciser que le programme à venir prévoit « beaucoup d’interventions pour rapprocher la Guinée dans le développement du secteur énergétique et renforcer les liens entre la Guinée et les pays voisins ».
Pourquoi cela se joue-t-il à Abidjan ? Parce que la capitale économique ivoirienne abrite le siège du Groupe de la Banque africaine de développement, principal bailleur public du continent, et que les arbitrages sur les portefeuilles pays s’y décident. L’énergie citée par Lamine G. Barrow a déjà une traduction concrète dans la sous-région : la ligne d’interconnexion dite CLSG relie la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée, et la dorsale de l’OMVG raccorde la Guinée au Sénégal, à la Gambie et à la Guinée-Bissau. Chaque mégawatt échangé sur ces lignes pèse sur le coût de l’électricité des industriels et des commerçants des quatre pays.
Reste la question des montants. Ni la ministre ni la Banque n’ont annoncé d’enveloppe chiffrée ou de calendrier à l’issue de ces échanges. Le futur programme pays évoqué par la Banque dira ce que pèsent ces engagements. Pour l’instant, les instruments ont un nom, pas un prix.