Ils sont une vingtaine, dirigeants et hauts cadres, à composer cette nouvelle promotion du Certificat des administrateurs de société (CAS) de la zone UEMOA. La présidente de l’Institut national des administrateurs de Côte d’Ivoire (Inad-CI), Viviane Zunon-Kipré, a présidé le lancement. L’organisme présente l’exercice comme une étape de la professionnalisation d’une fonction longtemps occupée par cooptation dans les entreprises de la sous-région.
Le programme est bâti avec l’Insead Business School. Il combine des enseignements dispensés en Côte d’Ivoire et une immersion sur le campus de l’école à Singapour, avec des modules consacrés à la gouvernance, aux finances, à la stratégie, à la responsabilité sociétale des entreprises et à la prise de décision. Le coût de la formation n’a pas été communiqué.
Former des administrateurs compétents, indépendants et responsables, c’est investir directement dans la qualité de nos entreprises et de nos institutions. Une bonne gouvernance permet de mieux anticiper les risques, d’améliorer la prise de décision et de créer les conditions d’une performance durable
Viviane Zunon-Kipré, présidente de l’Inad-CI
La présidente de l’institut dit vouloir « faire dialoguer ces expériences internationales avec les réalités de nos entreprises et institutions africaines ». Le vice-président de l’Inad-CI et directeur pédagogique du CAS UEMOA, Bakary Koné, insiste pour sa part sur l’étendue du mandat : « L’administrateur moderne doit maîtriser plusieurs dimensions de l’entreprise. Il doit comprendre les enjeux financiers, apprécier la stratégie, identifier les risques, questionner les décisions et veiller à l’éthique ainsi qu’à la pérennité de l’organisation », a-t-il déclaré.
Que pèse ce réseau, huit promotions de dirigeants plus tard ? L’institut revendique plus de 200 administrateurs formés en Afrique francophone depuis le lancement du CAS UEMOA, 102 dirigeants passés par le programme, plus de 150 dirigeants d’établissements publics nationaux, 644 administrateurs certifiés et 50 directeurs généraux certifiés de sociétés publiques, selon Fratmat.info. Ces chiffres émanent de l’Inad-CI, qui n’a pas précisé les périodes ni les périmètres qu’ils recouvrent.
L’enjeu dépasse la salle de cours. Dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, les sociétés anonymes relèvent du droit harmonisé de l’Ohada, qui confie au conseil d’administration l’arrêté des comptes, la validation des engagements financiers et le contrôle de la direction générale. Autrement dit, ce sont ces conseils qui autorisent un emprunt, valident un plan d’investissement portuaire ou approuvent le budget d’une société d’État agricole. La Côte d’Ivoire, première économie de l’union et siège de la Bourse régionale des valeurs mobilières, concentre une part importante de ces mandats.
Reste la question que la formation ne tranche pas : celle de l’indépendance réelle des administrateurs face aux actionnaires publics ou familiaux qui les nomment. Bakary Koné la formule à sa manière, en rappelant que la fonction « implique une responsabilité vis-à-vis des actionnaires, des salariés, des partenaires, mais aussi de l’économie dans son ensemble ».
La certification s’obtient en salle. L’indépendance, elle, se prouve en conseil.