Du pétrole brut et du gaz projetés à plus de dix mètres au-dessus de la plateforme, dans l’est désertique du pays : le ministère du Pétrole décrit un événement « d’une gravité exceptionnelle » et une situation seulement « partiellement » contenue, dix-huit jours après le début de l’incident selon son décompte.
Le puits est exploité par CNPC Niger Petroleum, filiale de la compagnie publique chinoise. Il partage sa plateforme avec deux autres forages, W-3 et W-4, dont l’intégrité est désormais compromise par les dégâts subis par l’installation, selon le ministère. D’où la crainte d’une aggravation si l’éruption se prolonge.
Aucun mort n’a été signalé. Deux employés exposés le premier jour ont été hospitalisés, puis pris en charge. Combien de brut s’est répandu, et sur quelle étendue ? Le ministère n’a publié ni estimation du volume ni évaluation de la pollution.
Les premières constatations ne retiennent ni acte criminel ni attaque terroriste, précise le communiqué relevé par Afrique-sur7, mais les causes exactes de l’éruption restent inconnues. Niamey a ouvert une enquête indépendante pour établir les responsabilités, avec l’appui d’experts algériens, et dit avoir pris des « mesures conservatoires » à l’encontre de l’opérateur. Le gouvernement promet que les dommages seront réparés selon la réglementation en vigueur.
Sur place, des équipes spécialisées se relaient jour et nuit. Le brut qui s’écoule est retenu par des digues, des tranchées et des bassins, avant d’être récupéré et acheminé vers la station de traitement de Goumeri. Les concentrations de gaz font l’objet d’une surveillance continue et l’accès au périmètre des trois puits reste restreint, pour limiter le risque d’incendie. Une mission permanente du ministère rend compte chaque jour, et les habitants sont appelés à respecter le périmètre de sécurité.
L’incident touche le secteur dont le général Abdourahamane Tiani a fait l’un des piliers des recettes de l’État. Le brut d’Agadem, exporté par l’oléoduc Niger-Bénin mis en service en 2024 après des mois de tensions entre Niamey et Cotonou, a rapporté 453,8 milliards de francs CFA de recettes pétrolières en 2025, soit environ 690 millions d’euros au taux fixe de la zone franc. Le gouvernement n’a pas dit si la production du champ était affectée.
Reste à savoir ce que l’enquête établira, et quand. Le ministère n’a communiqué aucun calendrier pour la fermeture du puits. Le désert, lui, continue d’absorber ce que les bassins ne retiennent pas.