Aller au contenu
Reference infos Reference infos Afrique & Monde
Gambie

Coupures d’électricité en Gambie : des milliers de manifestants dans les rues de Banjul et ses environs

Des milliers de Gambiens ont manifesté dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre 2026 contre des délestages qui durent parfois 48 heures, rapporte Vanguard Nigeria. Le président Adama Barrow parle désormais d'urgence nationale, à trois mois de la présidentielle.

Gambia Banjul 0008, Gambie. Image d'archive.
Gambia Banjul 0008, Gambie. Image d'archive. Photo : Atamari / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Des pneus en flammes, des rues barrées, des slogans contre le chef de l’État : à Banjul et dans plusieurs villes voisines, la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre 2026 a été celle de la colère. Les manifestants scandaient « Barrow must go ! » (« Barrow doit partir »). Dans le quartier de Westfield, en périphérie de la capitale, la police a fait usage de gaz lacrymogène contre des cortèges qui marchaient vers le siège de la National Water and Electricity Corporation (NAWEC), l’opérateur public de l’eau et de l’électricité.

Les délestages tournants frappent le pays depuis juin et se sont aggravés ces dernières semaines. Dans certaines localités, le courant a manqué jusqu’à 48 heures d’affilée, en pleine saison chaude, selon Vanguard Nigeria.

Mardi 8 septembre, Adama Barrow s’est rendu à la centrale de la NAWEC à Brikama, près de la capitale. Il y a qualifié les coupures de « question de sécurité nationale » et d’« urgence », estimant qu’il était « temps d’agir ». Une adresse plus formelle à la nation était annoncée pour la suite de la journée.

L’explication officielle a évolué. À la mi-août, la NAWEC attribuait les coupures à des pointes de consommation, liées surtout aux fortes températures, et à des « contraintes sur les importations d’électricité ». Mardi 8 septembre, son directeur général, Gallo Saidy, a mis en cause le changement climatique et la guerre au Moyen-Orient, tout en appelant les Gambiens à la patience. Il a renoncé à assister à l’inauguration d’une route pour se rendre sur les installations de Brikama et de Kotu, deux des zones les plus touchées par les coupures comme par les protestations.

Le ministre de l’Information, Ismaila Ceesay, a assuré dans un communiqué que la Gambie traitait « la situation avec le sérieux et l’extrême urgence qu’elle mérite », ajoutant : « nous voulons assurer chaque Gambien que nous travaillons sans relâche ».

Le calendrier politique donne à ces nuits d’émeute une portée particulière. La présidentielle est prévue en décembre, et Adama Barrow y brigue un troisième mandat. Arrivé au pouvoir début 2017 au terme de la longue présidence de Yahya Jammeh, il affronte pour la première fois une contestation de rue née d’un problème de service public, et non d’un différend institutionnel.

La dépendance du réseau gambien aux importations d’électricité, mentionnée par la NAWEC elle-même, est un point de fragilité que partagent plusieurs petits marchés ouest-africains, où la capacité installée nationale ne suffit pas aux pointes de consommation. Ni le coût des achats extérieurs ni le volume de production manquant n’ont été chiffrés. Pour les commerçants de Serekunda, les ateliers de soudure ou les chambres froides des débarcadères, chaque coupure de deux jours se paie en marchandises perdues et en groupes électrogènes à alimenter.

Combien de temps la patience demandée par Gallo Saidy tiendra-t-elle ? La réponse tient d’abord au retour du courant. Puis au discours du président.

Partager cet article

Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

TERANGA Sénégambie et espace lusophone : Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Cabo Verde. Vie politique, pêche, ports, migrations, création culturelle. teranga@www.referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

Nos sources 54 rédactions suivies, citées et liées
En écoute
…