Le 3 octobre, les deux patients auraient été présents à l’aéroport d’Entebbe, en Ouganda, à peu près à la même heure, selon l’Africa CDC. L’un, le malade kényan, est mort deux jours après son voyage. L’autre, une femme d’origine ougandaise installée à Abuja, est la patiente chez qui le Nigeria a identifié le virus. Se sont-ils croisés ? Wessam Mankoula, expert de l’Africa CDC, a évoqué cette hypothèse le jeudi 22 octobre.
Le vendredi 23 octobre, le Kenya a annoncé un deuxième décès. Le même jour, le ministère nigérian de la Santé a fait état d’analyses génétiques établissant une proximité entre le virus de la patiente d’Abuja et celui du premier malade kényan. Le Centre nigérian de contrôle des maladies et l’Institut de génomique et de santé mondiale ont participé à ces travaux. Le ministère souligne que cette ressemblance ne prouve pas une transmission directe d’une personne à l’autre.
Le parcours de la patiente occupe le centre de l’enquête. Elle revenait d’un séjour en Ouganda. L’Africa CDC indique qu’elle ne s’était pas rendue en République démocratique du Congo, contrairement à ce qu’avaient suggéré les autorités ougandaises ; les autorités suisses ont également démenti ce déplacement. Kampala cherche encore à vérifier ce point, a déclaré à RFI Allan Ssempebwa, porte-parole du ministère ougandais de la Santé. Les circonstances de la contamination restent à établir.
C’est précisément ce que nous cherchons à établir, pour pouvoir nous appuyer sur des faits solides. Pour l’instant, les investigations se poursuivent. Je ne peux pas dire qu’elles soient concluantes. Nous cherchons notamment à recueillir des informations sur les déplacements de la patiente.
Allan Ssempebwa, porte-parole du ministère ougandais de la Santé
Le porte-parole ajoute que ses services ont sollicité leurs homologues nigérians pour consolider leurs informations. À Abuja, les équipes sanitaires poursuivent la surveillance des personnes ayant approché la patiente. Certains tests reviennent négatifs, d’autres résultats manquent encore. Rien ne permet d’affirmer à ce stade que la contamination du patient kényan a eu lieu à l’aéroport.
L’Ouganda, lui, resserre ses contrôles. Des responsables du ministère de la Santé se sont rendus à l’aéroport d’Entebbe, puis à la frontière avec la RDC, où ils ont rencontré les responsables des régions du Rwenzori et du Bunyoro. Kampala impose des restrictions aux voyageurs en provenance du territoire congolais et renforce le dépistage aux points de passage.
Nous voulons que tout le monde soit vigilant, pas seulement à Kampala. Les responsables aux frontières doivent aussi pouvoir repérer d’éventuels cas et faire en sorte que toute personne tentant de contourner les contrôles par nos frontières poreuses soit interpellée, identifiée ou placée en quarantaine.
Allan Ssempebwa, porte-parole du ministère ougandais de la Santé
« À ce stade, je peux donc réaffirmer que l’Ouganda reste exempt d’Ebola », précise le porte-parole. Les résultats encore attendus à Abuja diront si le virus a circulé au-delà de la patiente. L’enquête n’est pas close.