L’homologation récente du stade du 28-Septembre, à Conakry, a tout enclenché. Le Premier ministre Amadou Oury Bah a signé le jeudi 20 août 2026 la lettre officielle de candidature, au nom du président de la République, Mamadi Doumbouya, avant un dépôt le lendemain à la CAF, dans le délai fixé par l’instance à 15 heures temps universel, soit 18 heures à Conakry.
Effectivement, la Guinée sera bel et bien candidate pour l’organisation de la CAN, soit en 2032, soit en 2036. Le Premier ministre, chef du gouvernement, a signé la lettre officielle de candidature hier, au nom du président de la République de Guinée, qui fait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations une priorité nationale.
Mamadou Cellou Baldé, ministre des Sports
Des équipes techniques et des consultants ont préparé le dossier, précise le ministre des Sports, qui annonce déjà la remise en place des structures d’organisation, à commencer par le comité d’organisation, le COCAN. « Nous avons un dossier solide et soutenu que nous allons transmettre à la CAF à travers notre Fédération guinéenne de football », déclare Mamadou Cellou Baldé, cité par Africa Guinée. Le ministre insiste sur la dimension économique de l’opération : selon lui, accueillir une CAN ne relève pas du seul ministère des Sports.
Reste la facture. Stades, hôtels, routes : le cahier des charges d’une CAN engage des dépenses publiques qui dépassent largement le budget d’une fédération. « Aujourd’hui, ce que j’en sais, c’est que la Guinée a essayé de construire six stades. Mais à quel prix ? », interroge Abdoulaye Thiam, journaliste sportif sénégalais et président de la section Afrique de l’Association internationale de la presse sportive. « Il va falloir mettre énormément d’argent sur les infrastructures, mettre énormément d’argent sur les infrastructures hôtelières, sur les infrastructures routières », ajoute-t-il, en avançant la co-organisation comme moyen d’alléger la charge.
Le point de départ reste bas. Ces dernières années, le Syli national a régulièrement dû jouer ses rencontres à domicile hors de Guinée, notamment au Maroc, faute d’enceinte aux normes. « Un pays qui a été obligé très souvent ces derniers temps de s’exiler, d’aller jouer, notamment au Maroc, c’est compliqué », observe Frank Simon, consultant de Radio Foot Internationale. « Je trouve que c’est bien parce que ça veut dire qu’il y a une vraie envie, une vraie ambition. Mais je pense que c’est avant tout une ambition politique », estime-t-il.
Conakry n’arrive pas seule sur 2032. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis sous la bannière de l’Alliance des États du Sahel, ont déposé une déclaration d’intérêt conjointe le 18 juillet 2026, lors d’une rencontre à New York en marge de la finale du Mondial, en présence de Patrice Motsepe. La Fédération nigérienne de football a indiqué que la CAF avait validé cette déclaration au titre de l’article 7.3 de son règlement des candidatures, une étape préliminaire avant le dépôt d’un dossier complet. Les trois pays devront eux aussi démontrer qu’ils peuvent tenir le cahier des charges, en particulier sur les infrastructures. Le Sénégal est cité parmi les prétendants possibles à la même édition.
Aucun calendrier de décision de la CAF n’a été communiqué. La lettre est signée. Les stades, eux, restent à bâtir.