Le Kenya, donc. C’est la référence qu’a retenue la vice-présidente du Ghana pour fixer l’ambition de la filière horticole de son pays, devant les exposants réunis vendredi 11 septembre. « Merci beaucoup pour les références au Kenya. Nous savons que nous pouvons faire la même chose, sinon plus, n’est-ce pas ? », a lancé Naana Jane Opoku-Agyemang, qui voit dans la production de fleurs et d’autres produits horticoles un gisement d’emplois et de devises.
Son propos ne s’est pas arrêté au champ. La vice-présidente a insisté sur l’aval de la filière, là où se perd la valeur. « L’horticulture est exigeante, parce qu’une grande partie de ce qu’elle produit est parfois périssable. Sans transport fiable, stockage, normes de qualité et accès aux marchés, la valeur peut donc être rapidement perdue », a-t-elle déclaré. Un producteur de roses ou de mangues qui n’a ni chambre froide ni camion réfrigéré vend au rabais, ou ne vend pas.
Pour bâtir cette filière, l’ancienne ministre de l’Éducation s’appuie sur les dispositifs publics existants. « Dans le cadre du programme Feed Ghana, les légumes figurent parmi les cultures prioritaires, mais avec un appui à l’irrigation, de meilleurs intrants, la production sous serre et un meilleur accès aux marchés, nous pouvons faire davantage », a-t-elle dit. Elle a également évoqué les centres de services aux agriculteurs en cours d’installation dans le pays, censés fournir aux producteurs intrants, machines, mise en relation commerciale et appui à l’exportation.
La comparaison avec Nairobi n’est pas anodine. Les fleurs coupées kényanes, expédiées par avion vers les enchères néerlandaises et la grande distribution européenne, comptent parmi les premières sources de devises agricoles du pays et reposent sur un écosystème complet de fret, de froid et de certification. Le Ghana, lui, tire toujours l’essentiel de ses recettes d’exportation de l’or et du cacao, deux produits dont les cours lui échappent. Diversifier vers l’horticulture revient à réduire cette dépendance.
Naana Jane Opoku-Agyemang a relié cette ambition à la politique environnementale du gouvernement, citant l’initiative Tree for Life lancée par le président, dans le cadre de laquelle « des millions de plants sont mis en terre », et l’incitation faite aux assemblées locales à entretenir les espaces verts urbains. Les inondations récentes ont, selon elle, rappelé l’urgence de la protection de l’environnement. « Le verdissement ne devrait donc pas être quelque chose que l’on envisage après le développement ; le verdissement devrait faire partie du développement lui-même », a-t-elle affirmé.
Les établissements de formation peuvent développer les compétences dont le secteur a besoin. Les institutions financières peuvent soutenir les entreprises viables. Le secteur privé peut développer des marchés.
Naana Jane Opoku-Agyemang, vice-présidente du Ghana
Reste la question que le discours n’a pas tranchée : qui finance les chambres froides, les serres et les certifications réclamées par les acheteurs européens ? Aucun montant ni calendrier n’a été communiqué à l’ouverture du salon, organisé pour la quatorzième fois par Stratcomm Africa et le Ghana Garden and Flower Movement. Les exposants, eux, repartent avec des carnets de commandes. Pas encore avec des camions frigorifiques.