Le ministre reste en poste. La présidence française a fait connaître la décision d’Emmanuel Macron dans un communiqué, quelques heures après que Laurent Nuñez eut présenté son départ.
Le ministre de l’Intérieur a remis ce dimanche sa démission au président de la République. Compte-tenu de la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel, le président de la République l’a refusée
Communiqué de la présidence française, cité par Africa Guinée
Les faits remontent au samedi 17 octobre. Ce jour-là, des manifestations ont rassemblé des cortèges dans plusieurs grandes villes françaises. La mobilisation a été accompagnée de violences et de scènes de pillage que la source qualifie d’inédites. Des émeutes éparses ont encore été signalées ensuite dans certains quartiers de la capitale.
Le lendemain au soir, Emmanuel Macron s’est adressé à la Nation pour annoncer la fermeté de l’État.
Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser, ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre. Nous serons intraitables envers les casseurs
Emmanuel Macron, président de la République française
Maintenu, Laurent Nuñez hérite d’une mission délicate : le président lui a demandé de prendre toutes les « dispositions pour faire la transparence sur les défaillances d’anticipation et de renseignements » qui ont conduit aux violences. Autrement dit, c’est au ministre dont le départ vient d’être écarté qu’il revient d’expliquer pourquoi ses services n’ont rien vu venir. Aucun calendrier n’a été communiqué pour ce travail.
Derrière la crise d’ordre public, il y a une facture. Le chef de l’État a entamé une tournée dans le Golfe destinée à sécuriser des volumes de pétrole et de diesel afin de faire baisser les prix à la pompe, indique France 24. Le prix du carburant pèse sur le pouvoir d’achat des ménages français comme il pèse sur celui des transporteurs ouest-africains, dont les coûts suivent les cours mondiaux du brut raffiné.
Reste une échéance que ces troubles n’ont pas effacée du programme présidentiel. Financial Afrik annonce Emmanuel Macron à Abuja puis à Dakar à la fin du mois d’octobre. Le Nigeria et le Sénégal n’ont pas fait savoir si ces étapes étaient maintenues.