Deux cent cinquante-cinq dossiers à Farafenni, 117 et 120 à Basse, 130 à Kanifing, 130 également à Brikama : le décompte des audiences de révision des listes électorales gambiennes, publié le lundi 26 octobre 2026, dessine un résultat net. Les radiations restent rares. À Farafenni, le magistrat principal Peter Ado Che a ordonné la suppression de 47 noms du registre, et en a maintenu 208.
Ailleurs, les chiffres sont encore plus faibles. À Kanifing, la magistrate principale Isatou Jallow a tranché 65 affaires et n’a radié qu’un seul nom ; sa collègue Isatou Sallah-Mba’I, saisie du même nombre de dossiers, n’en a radié aucun. Au tribunal de Brikama, dans la West Coast Region, le magistrat principal Demba Senghor a examiné 70 cas, dont un seul s’est soldé par une radiation, les 69 autres électeurs restant inscrits. Toujours à Brikama, le chef magistrat Dawda Phatty a statué sur 60 dossiers : quatre noms ont été retirés, 56 maintenus.
Au tribunal de Basse, le magistrat M.S. Dem a traité 117 affaires et radié neuf noms. Le magistrat Dibba y a présidé 120 dossiers, dont le détail des décisions n’a pas encore été communiqué à Foroyaa, qui indique aussi attendre les résultats de Bundung.
Pourquoi tant de contestations échouent-elles ? Parce que ceux qui les déposaient ne connaissaient pas, le plus souvent, les personnes qu’ils visaient. Les magistrats ont écarté la plupart des objections faute de preuves suffisantes, les plaignants s’appuyant sur de simples soupçons. La suspicion ne remplace pas la charge de la preuve : les juges s’en sont tenus à cette ligne tout au long des audiences.
Les motifs invoqués revenaient à quelques arguments répétés. Les objecteurs affirmaient que la personne inscrite ne résidait pas dans la zone d’enregistrement, qu’elle leur était inconnue, qu’elle avait été conduite au bureau d’inscription par un cadre ou un simple membre du National People’s Party (NPP), la formation du président Adama Barrow, ou encore qu’elle était mineure. Certains s’appuyaient sur des informations de tiers pour soutenir que l’électeur visé n’était pas gambien.
Dans les rares cas où une objection a prospéré, la décision a tenu moins aux éléments apportés par le plaignant qu’à l’examen des pièces par le magistrat lui-même. Signatures manquantes, formulaires d’attestation irréguliers : ce sont ces défauts, relevés au fil de la lecture des dossiers, qui ont conduit aux radiations.
Le tribunal de révision est une étape ordinaire du droit électoral gambien : il permet à tout citoyen de contester l’inscription d’un autre, avant que la liste ne soit arrêtée. Le filtre a fonctionné dans les deux sens. Il a retiré quelques dizaines de noms, et il a surtout rejeté l’essentiel des soupçons portés devant lui.
Restent les 120 dossiers de Basse encore sans détail public, et ceux de Bundung. Deux séries de décisions qui manquent au tableau final.