Trente millions de nairas pour chacune des 33 familles endeuillées, dix millions pour chacun des 41 rescapés. C’est la réparation que propose le comité ministériel indépendant présidé par Jonathan Kure, qui a remis son rapport au ministre de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, mardi 27 octobre à Abuja. Le calcul se vérifie : 990 millions de nairas pour les familles, 410 millions pour les survivants, soit 1,4 milliard au total.
Ces morts étaient « entièrement évitables », estime le comité. Il attribue les décès à une asphyxie provoquée par un confinement prolongé dans une cellule très surpeuplée, aggravée par le stress thermique et la déshydratation. Les victimes étaient des mineurs, selon Vanguard, qui ne donne pas le détail des circonstances de leur interpellation.
Le comité réclame le renvoi immédiat des agents dont les actes ont directement causé la mort des suspects. Pour ceux qui ont failli à leurs obligations sans être directement responsables des décès, il propose des sanctions administratives. Il recommande également des réformes au sein du corps de sécurité et de défense civile, le NSCDC, placé sous l’autorité du ministère de l’Intérieur.
Au volet financier s’ajoutent quatre mesures : une aide à la scolarité pour les personnes à charge des défunts, une prise en charge médicale des rescapés, un accompagnement psychologique des familles touchées et des excuses officielles du gouvernement fédéral.
Un point du rapport vise directement la chaîne de commandement. L’opération qui a conduit à ces arrestations s’est déroulée sans ordre d’opération ni accord du quartier général national du NSCDC, affirme le comité. Qui a donc décidé de cette descente ? Le résumé exécutif présenté à Abuja ne le dit pas.
Minna est la capitale de l’État du Niger, dans le centre du Nigeria, une région où l’orpaillage et l’exploitation minière artisanale font vivre des milliers de familles et où les autorités fédérales multiplient les opérations contre les chantiers non déclarés. Le NSCDC, corps paramilitaire chargé notamment de la protection des infrastructures stratégiques et de la lutte contre l’exploitation minière illégale, est en première ligne de ces interventions. C’est une activité que partagent, de part et d’autre du fleuve Niger, les bassins aurifères du Sahel : des sites informels, des travailleurs sans statut, et des interpellations qui échappent souvent au contrôle administratif.
Un comité recommande, il ne décide pas. Le montant de 1,4 milliard de nairas devra être validé par le gouvernement fédéral avant tout versement, et aucun calendrier de paiement n’a été communiqué.
Le comité a chiffré la réparation. Reste à savoir qui signera, et quand.