Des publications Facebook vantant « le maillot officiel de l’équipe nationale de football gambienne » ont mis le feu aux poudres. Mikailu Secka, qui s’exprime au nom des partenaires agréés des Scorpions, a mis en garde acheteurs comme revendeurs. « Nous conseillons au grand public de cesser de vendre ce produit contrefait », a-t-il dit, cité par Foroyaa.
Seules trois entités peuvent commercialiser les répliques de maillots portant la marque Saller : la Fédération gambienne de football (GFF), Nyanga Bantaba et Saller Sports. Les deux sociétés ont signalé l’affaire à la police. « Toute personne surprise en train de vendre le faux maillot de l’équipe nationale pourrait avoir des comptes à rendre devant un tribunal », a déclaré Mikailu Secka.
L’avertissement tombe à l’approche de rencontres de la sélection. Ni la date ni l’adversaire de ces matches ne figurent dans la dépêche. C’est précisément autour de ces échéances que la demande de maillots grimpe, et avec elle le marché parallèle que les détenteurs de licence cherchent à endiguer.
Nyanga Bantaba, que les milieux d’affaires gambiens désignent aussi sous les noms de Saller Sports Shop ou Nyanga Bantaba Sports, assure la distribution des tenues officielles des sélections gambiennes. Saller, lui, est un équipementier allemand fondé en 1972 par Richard Saller.
La relation avec la fédération gambienne remonte à 2005, selon Mikailu Secka : cette année-là, l’équipementier allemand avait fourni les tenues des Baby Scorpions, la sélection des moins de 17 ans engagée à la Coupe du monde de la catégorie. Vingt ans plus tard, Saller demeure l’équipementier officiel des Scorpions seniors, des moins de 20 ans, des moins de 17 ans et des sélections féminines.
Le contentieux n’est pas nouveau. L’entreprise a déjà traîné des commerçants devant les tribunaux pour fabrication et vente de maillots non autorisés, indique Mikailu Secka, qui promet d’agir de la même façon contre quiconque continuera d’imprimer, de produire ou de vanter de faux maillots nationaux, qu’il tienne boutique ou qu’il opère sur les réseaux sociaux.
Nous n’interdisons à personne de vendre le maillot, mais tous ceux qui veulent se lancer dans ce commerce doivent venir nous voir.
Mikailu Secka, porte-parole des partenaires officiels
Derrière la mise en garde, il y a une économie. Le maillot national est, pour beaucoup de fédérations africaines, l’une des rares recettes commerciales directes, et chaque pièce vendue hors circuit agréé échappe à la fois à l’équipementier, au distributeur et à la fédération. Ni le prix du maillot officiel ni les volumes écoulés ne sont précisés par les partenaires.
Reste à savoir ce que la police gambienne fera de la plainte. Les partenaires n’ont annoncé aucun calendrier judiciaire.