Le gouvernement avait pourtant fourni la série de précisions que les députés réclamaient, notamment sur le mécanisme de financement des bourses familiales et des subventions à l’énergie, deux postes devenus le principal point de friction entre l’exécutif et sa majorité. Le verdict n’a pas changé. Réunie vendredi 30 octobre, la commission des finances et du contrôle budgétaire a rejeté le texte pour la troisième fois, une issue également rapportée par le quotidien Le Soleil.
Retour en arrière : le mardi 27 octobre, le projet devait être soumis au vote des députés en séance plénière. Face aux critiques venues de la majorité parlementaire, le gouvernement a préféré demander un nouvel examen en commission technique, dans l’espoir d’arracher un compromis avant le scrutin. Trois jours plus tard, le compromis n’était toujours pas là.
Parmi les participants aux discussions, le député non-inscrit Cheikh Ahmed Tidiane Youm salue l’effort de transparence consenti par le gouvernement. Il y voit en revanche une surenchère politique dans les rangs du Pastef, et juge cette position déraisonnable pour l’économie du pays.
L’arithmétique parlementaire ne laisse guère de place au suspense. Le Pastef, parti au pouvoir, dispose de 130 sièges sur 165. Si ses élus confirment leur refus mardi 3 novembre, le texte tombe et le budget initial de 2026 continue de s’appliquer tel quel.
C’est là que le débat parlementaire devient une affaire de trésorerie. Une loi de finances rectificative sert précisément à corriger en cours d’année les recettes et les dépenses votées à l’automne précédent : sans elle, les arbitrages négociés avec le Fonds monétaire international restent lettre morte. Or ces mesures conditionnent le déblocage du programme de 2,2 milliards de dollars discuté avec l’institution de Washington, précise RFI.
Les bourses familiales et les subventions à l’énergie ne sont pas des lignes comptables abstraites : elles touchent les ménages les plus modestes et le prix payé à la pompe comme au compteur. Les députés contestent moins leur existence que la façon dont l’État entend les financer.
Mardi 3 novembre, l’Assemblée se prononcera donc sur un texte identique à celui de la semaine précédente. Le gouvernement n’a pas indiqué ce qu’il ferait en cas de nouveau rejet.