L’annonce est venue du compte officiel du comédien sur les réseaux sociaux. Patrick Stewart s’est éteint « au terme d’un bref et poignant combat contre la maladie d’Alzheimer et la démence à corps de Lewy », indique le message, qui décrit un acteur entouré de sa famille et de ses amis, « de musique, de prières, de larmes, de rires ». Son agent a confirmé la nouvelle le jeudi 29 octobre. Le décès est survenu le mercredi 28 octobre à Los Angeles, précise France 24.
Pourquoi deux noms de maladie dans un même communiqué ? Parce qu’il s’agit de deux affections neurodégénératives distinctes, qui peuvent coexister chez un même patient et dont les manifestations se recoupent. La démence à corps de Lewy est liée à l’accumulation anormale d’une protéine dans les neurones et associe troubles de l’attention fluctuants, hallucinations visuelles et signes moteurs proches de ceux de la maladie de Parkinson. La distinction d’avec la maladie d’Alzheimer reste difficile à établir du vivant de la personne. Le communiqué ne donne ni la date du diagnostic ni la durée exacte de la maladie, au-delà du mot « bref ».
Le théâtre ne l’a jamais quitté. Membre de la Royal Shakespeare Company, Patrick Stewart était tenu pour l’un des plus grands interprètes shakespeariens de sa génération, et il revenait sur scène entre deux tournages. Son Macbeth lui a valu un Laurence Olivier Award en 2008. En 2016, il a passé six mois dans le West End londonien dans « No Man’s Land », de Harold Pinter, aux côtés de son ami de longue date Ian McKellen.
Le crâne rasé et le visage émacié l’avaient rendu reconnaissable entre mille, bien au-delà des salles de théâtre. Lorsqu’il accepte, dans les années 1980, l’uniforme du capitaine Jean-Luc Picard et le commandement de l’USS Enterprise dans « Star Trek : la nouvelle génération », une partie de la critique britannique laisse entendre qu’il « se déclasse » en passant à la télévision américaine. L’acteur s’en disait offensé. Le professeur Charles Xavier, dans la saga « X-Men », achèvera d’installer sa silhouette dans la culture populaire mondiale.
Ni date d’hommage ni dispositions funéraires n’ont été rendues publiques. Les deux maladies qui l’ont emporté, elles, n’ont toujours pas de traitement curatif.