Le directeur général de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), Melchior Athanase Joël C. Aïssi, a été reçu le mardi 18 août 2026 par le ministre bissau-guinéen de la Santé publique, le capitaine de vaisseau Quinhin Nantote. L’entretien, au siège du ministère, a porté sur les priorités du pays en matière de santé communautaire et sur les moyens institutionnels et techniques nécessaires pour appliquer le texte régional. La délégation était accompagnée de la représentante résidente de la Cedeao en Guinée-Bissau, l’ambassadrice Ngozi Ukaeje.
La politique régionale de santé communautaire a vocation à s’appliquer dans l’ensemble des États membres de la Cedeao. La Guinée-Bissau en sera le laboratoire. C’est ce pays de moins de deux millions d’habitants, l’un des plus petits de l’espace communautaire, qui servira de test avant une extension régionale.
Deuxième rendez-vous de la journée, la délégation a rencontré le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Amadu Uri Guissé, à la Maison du gouvernement. Le choix n’a rien d’anodin : la santé communautaire se joue dans les villages, là où l’anacarde, principale ressource d’exportation du pays, structure les revenus des ménages ruraux. L’OOAS indique vouloir mobiliser les secteurs situés hors du champ sanitaire et obtenir des États qu’ils s’approprient le texte.
Le deuxième jour de la mission, le 19 août, devait être consacré à d’autres autorités du gouvernement de transition et à la remise officielle d’équipements de laboratoire acquis par l’OOAS pour le Laboratoire national de santé publique (LNSP). Aucun montant n’a été communiqué pour ce matériel.
Un atelier consacré à l’engagement de la Guinée-Bissau dans la mise en œuvre de la politique s’est tenu dans la capitale du 19 au 21 août, selon MyJoyOnline. L’organisation régionale, basée à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, y voit un moyen de renforcer le dialogue institutionnel autour du texte.
Reste la question que ces trois jours de réunions ne tranchent pas : avec quels financements ? Une politique de santé communautaire suppose des agents formés, payés et déployés loin des capitales, du continent aux archipels des Bijagos. Le calendrier de déploiement, comme les budgets engagés, n’a pas été rendu public.
Pour Bissau, l’étape suivante ne se joue plus dans les salons ministériels. Elle se jouera dans les postes de santé ruraux.