Il est environ 2 heures du matin quand les agents arrêtent le moyen de transport, sur la base d’un renseignement. Sous les marchandises empilées à l’avant, les cartons de produits pharmaceutiques, dissimulés pour passer les contrôles. Au total, 305 cartons, saisis à Tièkènina, sur l’axe qui relie la capitale à Koutiala.
La Brigade mobile d’intervention est l’unité de la douane malienne chargée des contrôles inopinés hors des bureaux fixes, sur les routes et dans les entrepôts. Le directeur général des douanes a salué le professionnalisme des agents et appelé à renforcer la collaboration entre les acteurs et les services douaniers contre la fraude et la contrebande, rapporte Malijet.
La destination du chargement n’est pas anodine. Koutiala, dans le sud du pays, est le principal pôle de la zone cotonnière malienne, une ville de négoce où circulent quotidiennement des flux de marchandises entre le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. C’est aussi un marché de consommation dense, où le médicament de rue reste largement accessible.
Le commerce de produits pharmaceutiques hors circuit légal pèse sur deux plans. Sur la santé publique d’abord : l’Organisation mondiale de la santé estime qu’un produit médical sur dix circulant dans les pays à revenu faible ou intermédiaire est de qualité inférieure ou falsifié. Sur les finances publiques ensuite, puisque ces cargaisons échappent aux droits et taxes, dans un pays où la douane est l’un des premiers pourvoyeurs de recettes de l’État. Elles concurrencent enfin les pharmacies et grossistes agréés, qui supportent, eux, le coût de l’homologation et du stockage.
Le chargement roulait de nuit. Ce détail dit assez le fonctionnement de ces filières : des convois de faible visibilité, des produits noyés dans des marchandises banales, des itinéraires empruntant les grands axes goudronnés plutôt que les pistes. Ni la valeur du chargement ni l’identité des personnes interpellées n’ont été précisées.
Reste la suite de la procédure : le sort réservé aux 305 cartons, destruction ou mise sous scellés, n’a pas été communiqué, et aucune poursuite n’a été annoncée à ce stade. La saisie ferme une route, une nuit. Elle ne dit pas d’où partait la marchandise.