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États-Unis

Aux États-Unis, l’opposition aux centres de données bouscule les campagnes électorales des deux partis

Trois quarts des Américains se disent hostiles à l'implantation d'un centre de données près de chez eux, et plus de cinq cents comtés et communes ont adopté des interdictions ou des moratoires, rapporte une tribune publiée le 30 août 2026 par The Guardian.

Liberia schoolgirls (7269275010), Liberia. Image d'archive.
Liberia schoolgirls (7269275010), Liberia. Image d'archive. Photo : USAID Africa Bureau / Wikimedia Commons, Public domain

Cinquante conversations en une journée, pas une voix pour défendre le projet. À la fête de village de Monrovia, bourgade de 1 600 habitants de l’Indiana, Bryce Gustafson, organisateur de la Citizens Action Coalition, faisait campagne contre un centre de données de Google prévu sur 550 acres, soit 222 hectares. « Personne ne voulait de ce centre de données dans sa communauté », raconte-t-il. Une demi-douzaine d’habitants lui ont dit avoir voté pour Donald Trump et se demander pourquoi le président soutient ces installations.

Le cas n’a rien d’isolé. Selon la tribune de The Guardian, l’hostilité à ces équipements a gagné 30 points en un an dans l’opinion américaine, plus de cinq cents collectivités locales ont voté des interdictions ou des moratoires, et des dizaines de projets ont été abandonnés. Le sénateur Bernie Sanders et l’élue Alexandria Ocasio-Cortez réclament un moratoire national. Dans l’Utah, le président du Sénat de l’État a perdu son siège après avoir appuyé des projets de très grande taille.

Le sujet s’invite désormais dans les scrutins les plus suivis. Dans l’Ohio, le démocrate Sherrod Brown a fait du soutien du sénateur républicain Jon Husted à ces installations l’axe central de sa campagne, au point que le comité sénatorial républicain national a prévenu que « les centres de données sont l’ancre accrochée au cou de Husted ». Au Texas, le gouverneur Greg Abbott, qui présentait naguère son État comme « l’épicentre du développement de l’IA », a déclaré peu avant la publication de la tribune que les centres de données avaient « creusé leur propre tombe ». Dans le Michigan, le candidat républicain au Sénat Mike Rogers s’est prononcé pour un moratoire d’un an sur leur construction.

Une colère qui traverse les camps

Ce qui frappe les organisateurs, c’est la composition des rassemblements. « Sur beaucoup de sujets, les gens arrivent avec un filtre partisan déjà installé, explique Ben Inskeep, directeur des programmes de la Citizens Action Coalition. Sur les centres de données, ces camps ne sont pas formés. » Il rapporte des propos entendus sur le terrain : « Je suis peut-être un républicain Maga et vous un abruti de libéral de la grande ville, mais si vous venez nous aider à combattre ce centre de données, vous êtes mon meilleur ami. »

Même constat dans le Michigan, où William Lawrence, cofondateur du Sunrise Movement, a bâti sur ce thème sa victoire à la primaire démocrate dans la circonscription de Lansing, tenue par un républicain, et où un sondage récent le donne en tête. « À une époque où les gens sont si polarisés et isolés les uns des autres, ce qui les rassemble est rare », dit-il. Un militant texan, qui a demandé l’anonymat, décrit une prise de conscience comparable dans les zones rurales : quand les habitants écrivent à leurs élus d’État, ils constatent selon lui que ces derniers défendent d’abord les intérêts des grands groupes technologiques.

Ce que la commune reçoit, ce qu’elle paie

Le calcul économique explique une partie de cette convergence. Ces entrepôts industriels couvrent des dizaines d’hectares, produisent du bruit, pèsent sur les nappes phréatiques et consomment des volumes d’électricité qui font grimper les factures des abonnés locaux, écrit The Guardian, qui relève aussi le recours à des générateurs fonctionnant aux énergies fossiles pour couvrir ces besoins. S’y ajoutent l’expropriation pour cause d’utilité publique, les subventions publiques et les accords de confidentialité que les entreprises font signer aux élus locaux, qui rendent les contrats opaques.

Face à cela, les emplois. Le chantier en crée, le temps de la construction ; l’exploitation, elle, n’en fournit guère sur la durée. Le modèle est partout le même : un opérateur privé installe ses serveurs, la collectivité fournit le courant, l’eau et le foncier. C’est ce rapport entre ce qui est promis et ce qui est encaissé qui fait basculer des électeurs par ailleurs très éloignés politiquement.

Interrogée par la chaîne MS Now, une habitante du comté de Hood, au Texas, où les républicains rassemblent 80 % des voix, s’est vu demander si elle était prête à sacrifier toutes les autres causes conservatrices pour bloquer ces projets. « Oui. Toute ma communauté va rompre les rangs », a-t-elle répondu. Reste à savoir lequel des deux partis prendra l’initiative sur le sujet.

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Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

HARMATTAN Golfe de Guinée et rivière Mano : Togo, Bénin, Guinée, Liberia, Sierra Leone. Commerce transfrontalier, mines, filières agricoles. harmattan@www.referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

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