Dix-sept virgule huit points d’inflation en moins en dix mois. L’indice général des prix au Ghana est tombé de 23,2 % en février 2025 à 5,4 % en décembre de la même année, avant de reculer encore à 3,2 % en mars 2026, selon la dixième édition de la Ghana Economic Update, publiée en août 2026. Le pays est repassé sous la barre des 10 %.
La Banque mondiale attribue ce reflux à trois facteurs : une politique monétaire restrictive, une forte appréciation du cedi et une détente des prix alimentaires. « La désinflation du Ghana en 2025 a été parmi les plus spectaculaires de son histoire économique enregistrée », écrit l’institution dans ce rapport intitulé Reset for Growth, dont MyJoyOnline a rendu compte le 2 septembre 2026. Le document consacre un second volet au transport.
Le levier principal a été le taux directeur. La Banque du Ghana, dirigée par le gouverneur Johnson Pandit Asiama, l’a maintenu élevé tant que la pression sur les prix restait forte, avant de l’abaisser de 28 % en avril 2025 à 14 % en mars 2026, soit 1 400 points de base cumulés, d’après la Banque mondiale. Un point de base vaut un centième de point de pourcentage : le taux a donc été divisé par deux en moins d’un an.
« Les anticipations d’inflation étant ancrées, la Banque du Ghana s’est engagée dans un cycle d’assouplissement monétaire soutenu », indique le rapport. La baisse des prix a coïncidé avec une reprise de l’activité. Le produit intérieur brut réel a progressé de 6,0 % en 2025, la plus forte croissance annuelle depuis 2019, et le PIB hors pétrole de 7,6 %.
Que change une baisse du taux directeur pour un commerçant d’Accra ou de Kumasi ? Le coût du crédit suit, avec retard. Le taux moyen des prêts bancaires est passé d’environ 27,0 % en juin 2025 à 15,6 % en juin 2026, tandis que le Ghana Reference Rate, l’indice qui sert aux banques du pays à fixer le prix de leurs concours, reculait d’environ 23,8 % à près de 10,0 %.
À 15,6 %, emprunter reste cher. L’écart avec une inflation ramenée à 3,2 % en mars 2026 demeure large, ce qui maintient un coût réel du crédit élevé pour les entreprises qui financent leurs stocks à court terme, importateurs et distributeurs en tête. La Banque mondiale insiste sur la nécessité de préserver la stabilité des prix pour consolider le redressement macroéconomique.
Le rapport ne fixe aucune échéance pour la suite du cycle de baisse. Les taux ont chuté vite. Les prix devront tenir.