À Conakry, où l’ingéniosité et l’entrepreneuriat constituent souvent des leviers essentiels de réussite, certaines trajectoires sortent des sentiers battus. C’est le cas de Dédé Catherine Béavogui, 23 ans, diplômée en informatique, qui a choisi de se faire une place dans un secteur traditionnellement dominé par les hommes : la coiffure masculine.
Derrière son fauteuil de barbier, ciseaux et tondeuse en main, la jeune entrepreneure affiche une aisance qui contraste avec les stéréotypes encore attachés à ce métier. Pourtant, son parcours n’était pas écrit d’avance.
Une passion devenue activité professionnelle
« Au départ, je ne pensais pas faire carrière dans ce métier. C’est ma mère qui m’a encouragée à apprendre la coiffure en parallèle de ma formation professionnelle », confie-t-elle.
Ce qui n’était au départ qu’une activité complémentaire s’est progressivement transformé en véritable source de revenus. Alors étudiante à l’université, Dédé Catherine commence à coiffer ses premiers clients sur le campus. Étudiants et enseignants apprécient rapidement son savoir-faire, lui permettant de fidéliser une clientèle régulière.
Grâce aux économies réalisées, elle parvient ensuite à ouvrir son propre salon à la Terrasse de Dixinn, en bordure de route.
« Il suffit de se fixer des objectifs et de rester déterminé. Avec de la persévérance, les résultats finissent toujours par arriver », affirme-t-elle.
Entre études, entrepreneuriat et responsabilités familiales
La jeune femme poursuit aujourd’hui des études supérieures en informatique tout en gérant son activité professionnelle. Un équilibre parfois difficile à maintenir.
« Concilier les études et le travail n’est pas toujours facile. Cela demande beaucoup d’organisation, d’autant plus que je suis l’aînée de ma famille et que j’ai plusieurs responsabilités à assumer », explique-t-elle.
Soucieuse de diversifier ses sources de revenus, elle s’est également lancée dans la commercialisation de produits biologiques.
Pour elle, cette polyvalence répond à un objectif précis : gagner son autonomie financière et contribuer au bien-être de ses proches.
« Je veux réussir pour soutenir ma famille et ne dépendre de personne », souligne-t-elle.
Des ambitions à la hauteur de sa détermination
Portée par une volonté constante de progresser, Dédé Catherine Béavogui nourrit de grandes ambitions pour l’avenir. Elle rêve notamment de voir défiler dans son salon des personnalités influentes du pays.
Parmi ses objectifs les plus symboliques figure celui de coiffer un jour le président de la République, le général Mamadi Doumbouya.
À travers son parcours, cette jeune entrepreneure démontre que la réussite ne dépend ni du genre ni des préjugés, mais de la détermination, du travail et de la capacité à saisir les opportunités. Dans une ville en pleine mutation comme Conakry, son histoire illustre le visage d’une jeunesse qui ose réinventer son avenir.
Kony Bamba