À Conakry comme à Coyah, ils travaillent à même le sol, sous le soleil ou à l’ombre d’un arbre, les mains couvertes de graisse et les vêtements marqués par l’huile de moteur. Souvent installés aux abords des routes, dans les quartiers ou aux carrefours, ces mécaniciens de fortune jouent un rôle essentiel dans le quotidien des usagers de la route.
Au quartier Fili 2, dans la commune urbaine de Coyah, ces artisans de la mécanique, jeunes apprentis ou pères de famille, assurent la réparation de motos, de vélos et parfois de véhicules automobiles. Malgré des conditions de travail précaires, ils contribuent à maintenir en circulation des centaines d’engins chaque jour.

Le décor est presque toujours le même : des clés, des tournevis et des pièces détachées éparpillés sur le sol, tandis que les clients défilent pour faire réparer une panne ou remplacer une pièce défectueuse. Pour beaucoup d’usagers, ces mécaniciens représentent le premier recours en cas d’immobilisation de leur engin.
Parmi eux figure Mamadou Lamarana Diallo, âgé de 11 ans. Pendant les vacances scolaires, il partage son temps entre les bancs de l’école et l’atelier. Curieux et déterminé, il apprend progressivement les bases du métier auprès de ses aînés.
« J’apprends à réparer les véhicules qui tombent en panne. J’observe les plus âgés, ils m’expliquent comment faire et, petit à petit, je progresse », confie-t-il.
À quelques mètres de lui, Salif Diallo, 18 ans, exerce déjà avec davantage d’assurance. Pour ce jeune mécanicien, la réussite repose avant tout sur l’observation, la patience et la maîtrise du diagnostic.

« Chaque panne a une solution. Quand une pièce ne peut plus être réparée, nous conseillons au client de la remplacer », explique-t-il.
La proximité des boutiques de pièces détachées facilite leur travail et leur permet d’intervenir rapidement.
« L’essentiel est de savoir identifier l’origine de la panne et trouver la pièce adaptée », ajoute-t-il.
Une économie de survie
Comme de nombreux travailleurs du secteur informel, les revenus de ces mécaniciens varient selon l’affluence de la clientèle et la complexité des réparations effectuées.
Selon Mamadou, les frais de main-d’œuvre oscillent généralement entre 10 000 et 30 000 francs guinéens, en fonction du travail à réaliser.
Salif reconnaît toutefois que l’activité ne garantit pas toujours des revenus suffisants.
« Récemment, j’ai effectué une réparation pour 20 000 francs guinéens. Parfois, les bénéfices ne sont pas à la hauteur de nos attentes, mais nous faisons avec », indique-t-il.
Certaines pannes, notamment sur des engins très usés, s’avèrent difficiles, voire impossibles à réparer. Dans ces cas, les propriétaires sont souvent contraints d’abandonner leur véhicule ou de rechercher des solutions plus coûteuses.
Malgré les difficultés, ces mécaniciens de rue continuent d’exercer avec passion et persévérance. Dans les quartiers de Coyah comme ailleurs, ils incarnent une économie de proximité qui permet à de nombreux usagers de reprendre la route à moindre coût.
Kony Bamba