Deux séries de mesures : les unes immédiates, les autres pensées pour durer. C’est ce qu’ont retenu les délégations guinéenne et sierra-léonaise réunies mercredi 9 septembre à la Primature, à Conakry, où le vice-président de la Sierra Leone, Mohamed Juldeh Jalloh, s’exprimait devant la presse. Plusieurs ministres des deux pays ont travaillé sur le dossier dans la journée.
Le point de départ est un phénomène dénoncé depuis plusieurs mois par des familles guinéennes. Des réseaux opérant depuis la Sierra Leone proposeraient à des jeunes un voyage vers l’Europe, puis réclameraient des sommes importantes à leurs proches une fois les candidats partis. Certaines familles s’en trouvent fragilisées. Le montant réclamé n’a pas été précisé.
C’est une des questions dont on a discuté et plusieurs ministres ont travaillé depuis ce matin sur cette question. On a souligné pas mal de mesures. Ces mesures seront communiquées très bientôt.
Mohamed Juldeh Jalloh, vice-président de la Sierra Leone, cité par Vision Guinée
Un comité a été installé par le Premier ministre, selon les termes employés par le vice-président sierra-léonais, pour travailler avec les délégations des deux pays. Quant au contenu des décisions, Mohamed Juldeh Jalloh renvoie à une annonce ultérieure. « Nous avons promu deux catégories de mesures à court terme qu’on va prendre immédiatement, et des mesures pour le futur », a-t-il déclaré, en rappelant que les deux États sont tenus par leurs engagements internationaux, « y compris la question de l’immigration ».
Pourquoi la frontière sierra-léonaise ? Les deux pays partagent une longue frontière terrestre, sont membres fondateurs de l’Union du fleuve Mano et appartiennent à la Cedeao, dont le protocole sur la libre circulation permet aux ressortissants de franchir la frontière sans visa. Cette facilité, pensée pour le commerce et le travail saisonnier, sert aussi d’appui aux intermédiaires qui organisent les départs. La lutte contre ces filières suppose donc une coordination policière et judiciaire entre les deux capitales, faute de quoi une interpellation d’un côté se traduit par un déplacement de l’activité de l’autre.
L’enjeu est aussi financier pour les foyers concernés. L’argent versé aux passeurs sort des économies familiales, souvent alimentées par les transferts de la diaspora, et ne revient pas. C’est un coût invisible, jamais comptabilisé dans les statistiques migratoires.
Les deux gouvernements promettent une communication dans les jours à venir. Reste à savoir laquelle des deux capitales la portera, et ce qu’elle prévoit pour les familles déjà engagées dans ces circuits.