Un million de tonnes à déplacer en quatre-vingt-dix jours : le calendrier fixé à Accra relève de la logistique lourde autant que de la politique de salubrité. Les ordures accumulées sur le site d’Agbogbloshie, au cœur de la capitale ghanéenne, doivent être acheminées vers le centre de déchets Adepa, un site d’enfouissement aménagé situé près de Nsawam, dans la région Est. Le chantier a commencé.
Le chef de l’État a donné le coup d’envoi de l’opération vendredi 18 septembre 2026, sur le site lui-même, au titre de ce que les autorités appellent l’exercice national d’urgence d’évacuation des déchets. Le dispositif vise à résorber l’entassement des ordures à Agbogbloshie et à améliorer les conditions sanitaires du secteur. Mais un terrain vidé peut se remplir de nouveau.
La réussite de cet exercice dépendra autant de ce qui se passera après l’évacuation que de l’enlèvement des débris
John Dramani Mahama, président du Ghana, dans des propos rapportés par MyJoyOnline
Le président a indiqué avoir donné des instructions au ministre chargé de l’Administration locale pour que l’emplacement ne redevienne pas un dépotoir une fois dégagé.
L’armée entre dans le dispositif. John Dramani Mahama a annoncé que les forces armées ghanéennes appuieraient la protection du site après l’évacuation, afin d’empêcher les dépôts sauvages et d’éviter que la zone ne serve à nouveau de décharge. La durabilité de l’intervention, a-t-il ajouté, suppose une coopération entre institutions publiques, autorités locales, services de sécurité et habitants.
Agbogbloshie n’est pas un site ordinaire. Le nom du quartier, connu bien au-delà du Ghana pour son commerce de ferraille et le démontage informel d’appareils usagés, est associé depuis des années à une accumulation massive de déchets, ce qui fait de son dégagement un chantier d’ampleur pour les autorités.
Le calcul est simple. Un million de tonnes en quatre-vingt-dix jours revient à un rythme moyen supérieur à onze mille tonnes par jour, à charger, à transporter par la route entre Accra et Nsawam, puis à enfouir. Ni le budget de l’opération ni les entreprises chargées du transport n’ont été communiqués lors du lancement.
L’échéance tombe donc autour de la mi-décembre 2026. Le terrain sera alors vide. Sa surveillance, elle, commencera.