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Présidentielle gambienne de décembre 2026

En Gambie, le scrutin à un tour avantage Adama Barrow face à une opposition divisée

À l'approche de la présidentielle gambienne de décembre 2026, une analyse signée Ebrima Ceesay et publiée par The Standard rappelle qu'un candidat l'emporte dès le premier tour avec la majorité simple des voix. Le partage du vote d'opposition devient décisif.

Adama Barrow, President, Republic of the Gambia - 2018 (39774084330), Gambie. Image d'archive.
Adama Barrow, President, Republic of the Gambia - 2018 (39774084330), Gambie. Image d'archive. Photo : Chatham House / Wikimedia Commons, CC BY 2.0

457 519 voix, soit 53,23 % des suffrages. En décembre 2021, Adama Barrow l’emportait largement devant Ousainu Darboe, chef du Parti démocratique uni, crédité de 238 253 voix (27,72 %), et Mamma Kandeh, qui réunissait 105 902 voix (12,32 %).

Cinq ans plus tard, les alliances ont bougé. Le Gambia Democratic Congress de Mamma Kandeh siège désormais dans la coalition gouvernementale conduite par le NPP du chef de l’État. Le report de ces voix n’a pourtant rien d’automatique : un accord d’appareil transmet des réseaux militants plus sûrement que des bulletins, écrit Ebrima Ceesay, auteur de l’analyse.

Reste la règle du jeu. La Constitution de 1997 attribue la présidence au candidat qui recueille le plus grand nombre de suffrages valides, sans exiger la barre des 50 %. Un second tour n’intervient qu’en cas d’égalité en tête. Un candidat peut donc gagner avec 40 % des voix si ses adversaires se partagent le reste.

L’atout d’Adama Barrow est d’abord géographique. En 2021, il avait rassemblé environ 84 % des voix à Basse, 80,5 % à Kantora, 76,4 % à Tumana, 72 % à Wuli East et 71,8 % à Wuli West, dans l’est du pays. Si ces marges tiennent, il aborde chaque calcul national avec un socle difficile à entamer. Sa fragilité se situe ailleurs : un recul d’ensemble dans la ceinture occidentale, West Coast Region et Kanifing, pèserait bien plus lourd que la perte de quelques circonscriptions isolées.

Ousainu Darboe, lui, doit transformer des forces locales en majorité nationale. En 2021, il avait devancé le sortant à Brikama North, avec environ 43,9 % contre 39,1 %, et joué au coude-à-coude à Busumbala, 41,4 % pour Adama Barrow et 39,6 % pour lui. Il avait aussi remporté Kiang West et terminé en tête à Kiang East, dans la Lower River Region.

Troisième acteur du scrutin, Talib Bensouda s’appuie sur l’agglomération urbaine de Kanifing. C’est là que se noue le problème de l’opposition gambienne : en 2016, elle s’était rangée derrière un candidat unique, Adama Barrow, pour mettre fin au pouvoir de Yahya Jammeh, installé depuis 1994. Elle se présente aujourd’hui en ordre dispersé.

Le sondage publié en août 2026 par Gambia Participates plaçait Adama Barrow à 32 %, Ousainu Darboe à 25 % et Talib Ahmed Bensouda à 19 %, avec 17 % d’indécis. Dans la même enquête, 51 % des personnes interrogées désignaient le président sortant comme le candidat le mieux placé pour gagner. Ebrima Ceesay invite à ne pas y lire un résultat anticipé : une enquête d’opinion mesure un état d’esprit à un instant donné, pas une participation, ni des votes tactiques, ni des équilibres de circonscription.

La campagne s’ouvre sur un terrain social tendu. En septembre 2026, des manifestations contre des coupures d’électricité prolongées ont visé le gouvernement, et Talib Bensouda a relié publiquement cette colère aux frustrations de la jeunesse sur l’emploi et la migration, écrit Ebrima Ceesay.

Le débat est déjà personnel. Ousainu Darboe a soutenu qu’Adama Barrow ne gagnerait pas en décembre 2026, même s’il ouvrait les coffres de la Banque centrale pour financer sa campagne, et le président lui a répondu lors de sa tournée Meet The People Tour, rapporte The Standard. Le scrutin se tiendra en décembre. L’opposition n’a toujours pas de candidat unique.

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Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

TERANGA Sénégambie et espace lusophone : Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Cabo Verde. Vie politique, pêche, ports, migrations, création culturelle. teranga@www.referenceinfos.com

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