« Si le cancer du sein est détecté de façon précoce, on peut le soigner à 90 %. Sur dix personnes atteintes découvertes tôt, neuf vont guérir. Ce n’est pas une maladie fatale », a déclaré le docteur Mohamed Sow, pharmacien au Centre médico-social de la fonction publique, venu délivrer des conseils de prévention aux marcheuses. Le praticien a insisté sur un point : le silence autour de la maladie freine son recul.
La marche, placée sous le thème « Marchons ensemble, dépistons tôt et protégeons la vie », est partie du palais de justice de Dakar, où le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a présidé l’événement, selon l’Agence de presse sénégalaise. Chefs de juridiction, personnel judiciaire, représentants de plusieurs ministères et directions sectorielles, associations féminines : la mobilisation a dépassé le seul cercle de la chancellerie.
En faisant de la marche, c’est non seulement du sport, mais ça crée une solidarité et une communion. En dépistant tôt, on peut sauver des vies. Il faut pousser toutes les femmes du Sénégal et du monde à se dépister tôt, parce que ces maladies se guérissent. Ensemble, nous lutterons contre ces types de maladies
Me Moussa Sarr, ministre de la Justice, garde des Sceaux
Le ministre a adressé des vœux de rétablissement aux femmes actuellement malades. Le docteur Sow, lui, a ramené la prévention à trois gestes simples, à la portée de toutes.
- L’autopalpation, chaque mois, à la fin du cycle menstruel, pour repérer une boule ou un écoulement suspect ;
- La consultation annuelle, auprès d’un gynécologue ou d’une sage-femme ;
- La mammographie, dès qu’un doute apparaît, pour détecter des tumeurs parfois impalpables.
Le pharmacien a rappelé que le cancer du sein peut toucher toutes les tranches d’âge, de la puberté à la ménopause, et frapper dès quinze ans. Le cancer du col de l’utérus, lui, dispose d’un vaccin préventif, recommandé chez les jeunes filles de 11 à 14 ans, avant le début de l’activité sexuelle. La protection n’est pas totale pour autant, a nuancé le docteur Sow, qui recommande un suivi régulier.
Reste la question que posent toutes les familles concernées : qui paie ? La chimiothérapie coûte cher, et le praticien a orienté les participantes vers la Ligue sénégalaise contre le cancer (LISCA). « Bien qu’il n’y ait pas de vaccin curatif et que les soins peuvent être coûteux, la LISCA octroie des subventions majeures qui facilitent grandement la prise en charge des patientes », a-t-il indiqué. Le montant de ces aides n’a pas été précisé.
Dans le cortège, Aida Sène est repartie convaincue. « Je suis contente d’avoir participé à cette randonnée parce que c’est une bonne initiative et c’est très motivant. Après avoir effectué la marche, on ressent beaucoup de bien, on se sent beaucoup plus légère. C’est excellent pour la santé », a raconté la participante, qui lance un appel aux autres femmes : « Le mieux, pour toutes les femmes, où qu’elles se trouvent, c’est de se rapprocher d’une structure de santé pour se faire consulter. »
Octobre Rose s’achèvera à la fin du mois. Combien de ces marcheuses pousseront ensuite la porte d’un centre de dépistage ? Cela ne se verra pas dans la rue.