Tout est parti d’une résidence de trois jours, du 20 au 22 octobre 2026. C’est là que Papissa Diouf, de son vrai nom Pape Issa Diouf, a rencontré Teresa Rodrigues et commencé à travailler avec elle, a expliqué le plasticien sénégalais lors du vernissage. De cette séquence courte sont nées des pièces individuelles et des œuvres réalisées à quatre mains, toutes réunies dans l’accrochage du centre culturel dakarois.
Le commissaire de l’exposition, Abdoulaye Gaye, conservateur de musée à la Direction des arts du ministère de la Culture, a décrit un thème construit à partir des images, des objets et des environnements qui restent gravés dans la mémoire. Trois territoires s’y croisent : Dakar, Bargny et le Portugal. Le visiteur est invité à retrouver ses propres lieux, ses propres émotions des premières années.
L’ambassadrice du Portugal au Sénégal, dont Dakaractu ne précise pas le nom, a pris part à la cérémonie aux côtés du maire de la commune de Bargny. Elle a mis en avant la diplomatie culturelle et le choix de deux artistes de nationalités différentes de travailler ensemble sur un thème partagé, l’enfance, une démarche qui, selon elle, nourrit les échanges entre les sociétés civiles des deux pays.
Teresa Rodrigues, elle, a rappelé les liens historiques et culturels entre le Sénégal et le Portugal, et insisté sur la nécessité de préserver l’océan, espace commun aux deux peuples. Le propos n’est pas anodin dans une commune comme Bargny, sur le littoral de la région de Dakar, où la mer structure l’activité quotidienne.
Représentant la ministre chargée de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, Abdou Simbandy Diatta a estimé que l’initiative sert le rayonnement international des artistes sénégalais. Il a insisté sur le rôle des résidences et des coproductions dans la coopération culturelle entre États. Aucun montant de financement n’a été communiqué.
L’exposition ne s’arrêtera pas le 30 octobre. Abdou Simbandy Diatta a annoncé qu’elle sera reprise du 21 au 29 novembre 2026 à la médiathèque de Bargny, dans le programme OFF de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, le volet qui rassemble les propositions situées hors de la sélection officielle, disséminées dans la capitale et sa région. La localité d’origine de Papissa Diouf accueillera donc le second temps du projet.
Le vernissage a réuni la conseillère culturelle de l’ambassade, des représentants du ministère de la Culture, la directrice du Centre culturel régional Blaise Senghor, le directeur général de l’École nationale des arts et métiers de la culture, ainsi que des artistes et des acteurs culturels. Prochaine étape : Bargny, le 21 novembre. L’enfance quittera alors les cimaises de Dakar pour la côte.