Une bible, puis un trousseau de clés. Mgr Prosper Kontiébo les a remis à l’abbé Fidèle Oualbéogo avant que le prêtre ne prononce son serment d’installation, au cours d’une messe célébrée le dimanche 25 octobre 2026 à Nonghin, quartier de l’arrondissement n° 9 de Ouagadougou.
La paroisse existait déjà sur le papier depuis quatre mois : elle a été créée le 25 juin 2026 par décret de l’archevêque métropolitain de Ouagadougou. Elle n’a pas encore de bâtiment. En attendant l’érection d’une église, les fidèles continuent de se rassembler sur le domaine de la communauté.
Pourquoi placer cette communauté sous le patronage de Jean Paul II ? Le choix n’est pas anodin, a souligné l’archevêque : il rappelle les deux voyages du souverain pontife au Burkina Faso, en 1980 et en 1990, et le témoignage de foi, de courage et de persévérance que le pape défunt a laissé à l’Église, a-t-il expliqué.
La première de ces visites est antérieure au nom même du pays. En 1980, le Burkina Faso s’appelait encore Haute-Volta ; il ne changera de dénomination qu’en 1984. C’est depuis Ouagadougou que Jean Paul II avait lancé cette année-là un appel en faveur des populations du Sahel frappées par la sécheresse, un texte resté l’un des plus connus de son pontificat sur le continent.
Dans son homélie, Mgr Prosper Kontiébo a invité les fidèles à placer l’amour de Dieu et du prochain au centre de la vie de leur paroisse, et à traduire cette exigence en actes, notamment envers les personnes fragiles et les familles en difficulté. Il a évoqué les réalités sociales de Nonghin, où les conditions de vie restent difficiles pour de nombreuses familles, en raison notamment des difficultés d’accès au quartier. Ces réalités doivent appeler à l’engagement plutôt qu’au découragement, a-t-il dit, citant la communauté chrétienne de Thessalonique comme exemple.
Le nouveau curé, lui, a prêté serment devant les religieux et les paroissiens. Il s’est engagé à administrer les biens ecclésiastiques de la paroisse conformément au droit canonique, aux normes particulières et aux coutumes du diocèse, et à respecter une stricte confidentialité sur les délibérations du Conseil pour les affaires économiques. « Je m’engage aussi à respecter les obligations que ma fonction de curé m’impose, conformément aux prescriptions d’un canon du Livre Saint du Corps de droits canoniques, et d’agir uniquement dans les limites des pouvoirs qui me sont spécifiquement confiés par le droit », a déclaré l’abbé Fidèle Oualbéogo, selon Lefaso.net.
Ce conseil n’a rien d’une formalité. Le droit canonique impose à chaque paroisse de s’en doter pour gérer ses ressources, lesquelles proviennent pour l’essentiel des contributions des fidèles. À Nonghin, c’est sur ce budget que reposera la future église.
Reste donc le bâtiment. Ni le coût du projet ni le calendrier des travaux n’ont été rendus publics lors de la cérémonie.