Guy Valentin Médang n’a pas caché son soulagement. Le chef du service départemental de développement rural (SDDR) de Nioro du Rip, dans la région de Kaolack, estime que la saison des pluies qui s’achève tiendra ses promesses, malgré un démarrage inquiétant. « Globalement, nous sommes satisfaits de la configuration de cet hivernage. Malgré les inquiétudes du début de saison, nous avons enregistré une bonne répartition des pluies dans le temps, ce qui augure de productions et de rendements très satisfaisants au niveau du département », a-t-il déclaré dans un entretien avec l’Agence de presse sénégalaise (APS) diffusé le 17 octobre 2026.
Le responsable agricole insiste moins sur la quantité d’eau tombée que sur sa régularité. Aucun épisode pluvieux n’a dépassé les 100 millimètres dans le département cette année, le cumul maximal relevé s’établissant à 79 millimètres, selon lui. Des volumes qu’il juge raisonnables, et qui ont permis aux cultures de se développer sans être noyées. Les dernières averses, enregistrées au cours de la décade précédente, ont par ailleurs offert aux producteurs une fenêtre pour des semis tardifs d’arachide et de maïs.
Sur le terrain, la campagne entre dans sa phase décisive. Les récoltes de mil ont commencé, celles du maïs vert sont engagées depuis près d’un mois, et dans certaines zones les paysans ont déjà entamé l’arrachage des variétés d’arachide à cycle court. Le département, précise Guy Valentin Médang, aborde une période de maturation et de récolte pour plusieurs spéculations à la fois.
L’autre évolution tient à la composition même des champs. Longtemps identifié à la seule arachide, Nioro du Rip s’ouvre à d’autres productions. « Nous faisons désormais partie du bassin agricole, avec plusieurs spéculations au-delà de l’arachide, qui était la culture reine. Il y a maintenant le maïs, le mil, le sorgho, le riz et le niébé », souligne le chef du SDDR, qui voit le département devenir une place forte du maïs.
Ce basculement n’est pas anodin dans le centre du pays, cœur historique du bassin arachidier sénégalais, où la culture de rente héritée de la période coloniale a longtemps commandé le revenu des ménages ruraux et le calendrier de travail des familles. Diversifier, c’est étaler les risques : une céréale vivrière consommée sur place ne dépend pas des mêmes débouchés, ni des mêmes prix, qu’une graine destinée à l’huilerie ou à l’exportation.
Côté intrants, Guy Valentin Médang fait état de quotas de semences et d’engrais en nette hausse cette année, attribués par la direction de l’agriculture. Cet appui s’inscrit, rappelle-t-il, dans les instructions données par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage lors de son passage dans le département en juillet, quand il avait demandé que les moyens soient réunis pour réussir la campagne.
Reste la question qui décidera du revenu réel des producteurs : à quel prix sera achetée la récolte ? Le niveau du prix plancher au producteur, fixé chaque année par l’État avant l’ouverture de la campagne de commercialisation arachidière, ne figure pas dans l’entretien. Une bonne récolte ne fait pas une bonne année. Les paysans de Nioro attendent maintenant les chiffres.