5 030 plants. C’est le nombre d’arbres mis en terre sur la rive gauche du barrage de Mou, dans la commune de Toussiana, à l’ouest du Burkina Faso, lors du lancement de la campagne de reboisement organisée le lundi 31 août 2026. Le site aménagé couvre 1,5 hectare. Le choix des espèces, manguiers, anacardiers et goyaviers, répond à une double logique : tenir les sols et produire de quoi vendre.
L’opération est portée par l’ONG néerlandaise World Waternet, en consortium avec Auxfin et Agriterra, dans le cadre du projet « Eau, clé du développement durable, Gestion intégrée des ressources en eau » (ECDD-GIRE), financé par l’ambassade du Royaume des Pays-Bas. Le programme couvre huit comités locaux de l’eau répartis dans les cinq agences de l’eau du pays et court de mai 2024 à mars 2029. Il prolonge un premier cycle mené entre 2020 et 2024, dont l’évaluation a servi de base au nouveau montage, selon Lefaso.net.
La cérémonie a été présidée par Sié Barro, premier vice-président de la délégation spéciale de Toussiana, en présence de la notabilité coutumière, de la Direction générale des ressources en eau et de l’équipe de l’ONG. « C’est avec grand plaisir et enthousiasme que nous avons accueilli ce projet », a déclaré Sié Barro, qui dit se tenir prêt à accompagner l’initiative « sur tous les plans ».
Pourquoi planter des arbres au bord d’un plan d’eau que l’État vient de curer ? Parce que le curage ne tient pas si les berges continuent de partir avec les pluies. « La protection des berges par le reboisement s’avère indispensable pour éviter que les travaux de curage et d’aménagement ne soient réduits à néant par l’érosion pluviale », a expliqué Mathieu Ouédraogo, représentant de la Direction générale des ressources en eau. L’activité, dit-il, « va contribuer à la protection du plan d’eau du barrage et à la restauration du couvert végétal ».
La plantation a été confiée à six « groupes G50 » constitués autour du barrage, de cinquante personnes chacun, avec une forte représentation féminine. Chaque groupe dispose d’une application numérique dédiée au suivi et à l’entretien des plants. « C’est la première fois que notre projet travaille avec les communautés à travers ces structures. Cela permet de pérenniser et de renforcer les efforts de l’autorité pour sécuriser le barrage », a indiqué Cyrille Bernadin Kafando, directeur pays de World Waternet au Burkina Faso.
L’enjeu dépasse Mou. Dans un pays où les retenues d’eau conditionnent le maraîchage de saison sèche, l’abreuvement du bétail et une partie de l’alimentation des bourgs, l’ensablement grignote chaque année des volumes de stockage que personne ne remplace. Les arbres fruitiers plantés ajoutent une seconde échéance : celle de la première récolte, qui décidera si les riverains ont intérêt à entretenir la parcelle. Le montant de l’investissement réalisé à Mou n’a pas été communiqué.
Le directeur pays a appelé les responsables publics et les communautés à prolonger l’effort au-delà des travaux d’infrastructure. « L’action entreprise par le gouvernement est très noble, mais on ne doit pas s’arrêter là. Le Burkina Faso compte plus de 1 800 barrages qui vont être curés. Il faut des actions qui suivent pour pérenniser ce patrimoine hydraulique national », a déclaré Cyrille Bernadin Kafando. Mille huit cents ouvrages, une parcelle boisée. Le reste du chantier commence maintenant.