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Sénégal

Accord avec le FMI : l’ancien ministre Abdourahmane Sarr conteste la lecture officielle sur la dette

L'ancien ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération Abdourahmane Sarr soutient, dans une tribune relayée par Dakaractu, que le Fonds monétaire international continue de tenir la dette sénégalaise pour non viable. Le ministre des Finances, lui, parle de consensus.

Senegal Artemis Accords Signing (NHQ202507240004), Sénégal. Image d'archive.
Senegal Artemis Accords Signing (NHQ202507240004), Sénégal. Image d'archive. Photo : NASA Headquarters / NASA/Keegan Barber / Wikimedia Commons, Public domain

Le Fonds monétaire international et Dakar ont conclu un accord au niveau des services, au terme d’une mission au Sénégal. Reste à savoir ce qu’il contient précisément : les détails n’ont pas été publiés, et le président de l’Assemblée nationale en réclame la communication. Un tel accord, conclu entre les équipes techniques, n’engage pas encore l’institution : il doit être validé par son conseil d’administration.

Dans une tribune publiée le mardi 1er septembre, Abdourahmane Sarr, ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, retient de la déclaration du Fonds un point que l’annonce officielle laisse dans l’ombre. Le FMI, écrit-il, réitère sa position sur le caractère non viable de la dette sénégalaise. Son raisonnement tient à une chose : l’institution s’appuie sur l’annonce faite par les autorités elles-mêmes de solliciter un traitement de la dette afin d’en rétablir la viabilité.

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a présenté le même jour une tout autre lecture, selon Dakaractu : le Sénégal serait parvenu à un accord technique avec le Fonds sur la sincérité de ses données budgétaires, avec « un consensus trouvé sur les réformes et la viabilité de la dette ». Devant la presse, il a écarté une « restructuration classique », qu’il compare à une « intervention chirurgicale », pour lui préférer un « traitement homéopathique » taillé sur mesure.

Où passe alors la ligne de désaccord ? Sur l’usage de l’argent, notamment. Abdourahmane Sarr rappelle que le financement dit catalytique du Fonds, celui qui sert de signal aux autres bailleurs, dépend de l’origine du besoin de financement à combler. Ce besoin ne doit pas venir de dépenses que l’institution juge improductives, au premier rang desquelles les subventions à l’énergie versées sans ciblage. Le FMI leur préfère des transferts monétaires dirigés vers les ménages vulnérables.

L’ancien ministre note que le cadrage macroéconomique du pays n’affichait aucun besoin de financement non couvert au cours des deux dernières années. Un prêt du Fonds à des conditions favorables serait, à ses yeux, une bonne nouvelle. À une réserve près : qu’il ne détourne pas le Sénégal des objectifs de transformation inscrits dans la Vision 2050 et le plan quinquennal. Aucune stratégie de développement, ajoute-t-il, ne tient sans cadre macroéconomique solide.

Reste le dossier de la dette dissimulée. Abdourahmane Sarr estime que les responsabilités devront être établies et que cette clarification conditionnera la dérogation du Fonds pour manquement à l’obligation de déclaration, le misreporting dans le vocabulaire de l’institution. Selon lui, aucune construction durable ne peut reposer sur le mensonge et la dissimulation.

Sa conclusion déborde le seul terrain budgétaire. L’État sénégalais, dans son organisation actuelle, a montré ses limites, juge-t-il. Rétablir les équilibres, alléger les charges d’intérêts, redistribuer les ressources publiques : rien de tout cela ne suffira, selon lui, à transformer la réalité du pays. La transformation structurelle passera d’abord par la libération des énergies des Sénégalais eux-mêmes.

La suite se jouera au conseil d’administration du Fonds, dont la date n’a pas été communiquée. D’ici là, les députés attendent le texte de l’accord. Le débat ne porte plus sur le principe d’un retour du FMI à Dakar, mais sur ce que le pays devra concéder en échange.

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Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

TERANGA Sénégambie et espace lusophone : Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Cabo Verde. Vie politique, pêche, ports, migrations, création culturelle. teranga@www.referenceinfos.com

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