Tout est parti d’une dénonciation. En se rendant dans une cour voisine de l’une des sociétés contrôlées, les agents y ont découvert 3 240 barres de 8 millimètres, stockées à l’écart des lieux de vente déclarés.
Dans une seconde entreprise, les contrôleurs ont relevé 16 000 barres de 8 millimètres et 1 000 barres de 5 millimètres, elles aussi jugées non conformes. Au total, 20 240 barres ont été saisies au cours de la mission menée les mardi 20 et mercredi 21 octobre 2026, selon Malijet, qui s’appuie sur le compte rendu de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC).
L’Agence malienne de métrologie (AMAM) accompagnait les contrôleurs du commerce. Son métier est la mesure : vérifier les instruments, s’assurer qu’un produit correspond aux caractéristiques annoncées. Sur un chantier, cette vérification n’a rien d’une formalité administrative. La DGCC avertit que l’emploi de fer à béton non conforme peut compromettre la solidité des bâtiments et mettre en danger la sécurité des populations.
Le volet économique est tout aussi direct. Dans le gros œuvre, l’acier d’armature pèse lourd dans la facture d’une dalle ou d’un poteau, et le prix se négocie à la barre. Un produit qui ne tient pas la norme annoncée se vend pourtant au même tarif que celui qui la tient : l’écart reste dans la poche du vendeur, et le risque chez l’acheteur. C’est l’argument que met en avant l’administration lorsqu’elle invoque la protection des consommateurs et la concurrence loyale entre importateurs et distributeurs.
La DGCC n’a pas nommé les sociétés concernées. Elle n’a pas davantage indiqué la valeur marchande des barres saisies, ni précisé si des poursuites seront engagées contre les responsables des deux entreprises.
Reste la question du stock. Que deviendront ces 20 240 barres, destruction, reconditionnement ou restitution sous conditions ? L’administration dit vouloir poursuivre ses contrôles auprès des commerces de matériaux.
Le fer saisi ne partira pas sur un chantier. Celui qui y est déjà n’a été vérifié par personne.