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Sénégal

Au Sénégal, Ahmadou Al Aminou Lô présente sa feuille de route devant les députés

Nommé le 25 mai 2026, le Premier ministre sénégalais prononce ce mardi 8 septembre sa déclaration de politique générale. La dette publique et la flambée des prix dominent un exercice devenu politique, rapporte RFI Afrique.

Senegal River 2, Sénégal. Image d'archive.
Senegal River 2, Sénégal. Image d'archive. Photo : Adjoajo / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Une première manifestation contre la cherté de la vie s’est tenue samedi 5 septembre à Dakar. Trois jours plus tard, Ahmadou Al Aminou Lô monte à la tribune de l’Assemblée nationale pour exposer le programme de son gouvernement. Le calendrier n’a rien d’anodin : le chef du gouvernement devrait consacrer une large part de son intervention aux mesures économiques, dans un climat social tendu.

Deuxième dossier attendu : l’accord de principe conclu avec le Fonds monétaire international pour un prêt de plus de deux milliards de dollars. À quoi servira cet argent ? Quels ministères, quelles lignes budgétaires supporteront les économies exigées par un tel programme ? Les députés attendent des réponses précises, selon RFI Afrique, qui souligne que le chef du gouvernement se sait scruté sur ces points.

Vient ensuite le plan de traitement de la dette, c’est-à-dire les discussions engagées avec les créanciers du pays pour alléger le calendrier de remboursement. L’encours atteint 132 % du produit intérieur brut, un niveau qualifié d’intenable. L’ordre de grandeur parle de lui-même : membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, le Sénégal partage avec ses voisins un critère de convergence fixant l’endettement public à 70 % du PIB au maximum. Le pays en est à près du double.

Pour une commerçante de Colobane ou un transporteur de Kaolack, ces pourcentages se traduisent en décisions très concrètes : subventions maintenues ou rabotées, recrutements publics gelés, fiscalité indirecte alourdie. Un plan d’économies budgétaires ne se lit pas dans un tableau. Il se paie au marché.

L’exercice est aussi politique. Ahmadou Al Aminou Lô a été nommé le 25 mai 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, dans une période de tensions entre le chef de l’État et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. L’hémicycle est dominé par le Pastef, la formation de ce dernier, très critique à l’égard des choix de l’exécutif.

La déclaration de politique générale devrait durer plus d’une heure, avant l’ouverture d’un débat entre députés. Le Premier ministre peut, à l’issue de son discours, solliciter un vote de confiance. Il n’y est pas tenu, et la configuration de l’Assemblée rend l’exercice risqué : rien ne garantit qu’une majorité se dégage en sa faveur.

Le gouvernement joue donc sur deux tableaux : convaincre les bailleurs de la crédibilité de son ajustement, et convaincre des députés de sa propre famille politique qu’il ne fera pas porter l’effort aux ménages. Les deux exigences se contredisent souvent. Le débat parlementaire dira laquelle l’emporte.

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Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

TERANGA Sénégambie et espace lusophone : Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Cabo Verde. Vie politique, pêche, ports, migrations, création culturelle. teranga@www.referenceinfos.com

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