Kèmi Fakambi prend la tête d’un conseil d’administration de neuf membres. Un conseil de surveillance a également été installé au terme de l’assemblée générale constitutive, organisée autour du thème « Faire connaitre et reconnaitre l’économie sociale et solidaire ». Les participants y ont amendé puis validé les trois textes fondateurs du réseau : les statuts, le règlement intérieur et la charte d’engagement.
Le passage du groupe de travail à l’association n’est pas qu’une formalité. Il inscrit le réseau dans la loi n° 2025-19 du 22 juillet 2025 relative aux associations et fondations en République du Bénin, à laquelle ses textes ont été conformés. Une feuille de route stratégique pour 2026-2027 a par ailleurs été adoptée ; son contenu n’a pas été détaillé.
Derrière le sigle, des activités très ordinaires. Coopératives agricoles, groupements de femmes, mutuelles, associations de proximité, initiatives d’artisanat, de recyclage, de formation ou d’insertion : c’est ce périmètre qu’a énuméré le Médiateur de la République, Conrad Gbaguidi, en saluant une structure « vivante, collective et utile ». Au Bénin comme dans le reste de la sous-région, l’organisation coopérative reste l’ossature d’une large part du monde rural et du commerce de proximité.
Ce qui se construit aujourd’hui n’est donc plus seulement une ambition. C’est une force qui commence à se structurer. Et derrière cette force, il y a des réalités très concrètes.
Conrad Gbaguidi, Médiateur de la République
La nouvelle présidente du conseil d’administration a fixé deux priorités, selon Matin Libre : obtenir la reconnaissance légale du secteur, par la mise en place d’un cadre réglementaire dédié à l’ESS, et élargir la communauté en nouant alliances et partenariats. Kèmi Fakambi estime que ce basculement statutaire appelle un cadre de gouvernance « rigoureux, bienveillant et complémentaire ». Faute de texte propre, les acteurs de l’économie sociale se répartissent aujourd’hui entre statuts associatif, coopératif ou mutualiste, avec des régimes fiscaux et des accès au crédit qui ne se ressemblent pas.
Le financement était d’ailleurs au cœur des interventions des partenaires. Le représentant de l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (ADPME), Chabi Lafia Mohamed Aguyl, et celui d’Expertise France, l’agence publique française de coopération technique, Grégoire Gailly, ont estimé que l’économie sociale et solidaire ne peut progresser durablement sans un écosystème capable d’accompagner, de financer, de professionnaliser et de mettre en réseau ses acteurs.
L’association a désormais des statuts, des dirigeants et un calendrier de deux ans. Elle n’a pas encore de loi.