Il était environ 5 heures du matin, le dimanche 6 septembre 2026, quand 980 camions-citernes sont entrés dans la capitale malienne. L’arrivée de ce convoi, escorté par les Forces armées maliennes (FAMa), a été présentée comme une opération de sécurisation des flux d’hydrocarbures vers Bamako, selon Bamada.net.
Quelques jours plus tôt, le jeudi 3 septembre 2026, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, avait présidé la 32e réunion de suivi de l’approvisionnement en hydrocarbures, à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali. Autour de la table : les organisations professionnelles du secteur pétrolier et plusieurs structures publiques associées à la chaîne d’importation et de distribution. Au menu des discussions, la disponibilité du gasoil et du super carburant, l’évolution des stocks et les mesures destinées à maintenir la régularité des livraisons sur les différents axes du pays.
Le chiffre présenté lors de cette session donne la mesure du dispositif. Entre le 24 et le 30 août 2026, le Mali a reçu 66 383 000 litres de produits pétroliers, soit 1 453 citernes, d’après les données communiquées par le directeur général chargé du Commerce. Le rythme est donc d’un peu plus de deux cents camions par jour sur cette semaine, un ordre de grandeur qui situe l’opération du 6 septembre : les 980 véhicules entrés ce jour-là représentent l’équivalent de plusieurs jours d’arrivées ordinaires.
Le Mali n’a ni raffinerie ni façade maritime. Tout ce qui roule, tout ce qui alimente les groupes électrogènes, les pompes d’irrigation et les machines des ateliers arrive par la route, depuis les ports du golfe de Guinée, sur des corridors longs de plus d’un millier de kilomètres. La logistique n’est pas un détail technique du dossier pétrolier malien : elle en constitue le cœur.
C’est ce qui explique la place prise par l’escorte militaire. L’insécurité sur certains axes du territoire pèse sur les transporteurs, et la protection des convois est devenue une composante affichée de la stratégie d’approvisionnement. Une fois les camions arrivés à Bamako, la Douane malienne, la Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCC) et la Police nationale prennent le relais pour les contrôles et la prise en charge administrative des cargaisons.
Les autorités de la Transition n’ont pas indiqué le niveau des stocks nationaux ni le détail des volumes par produit. Aucun élément non plus sur les prix à la pompe ni sur le coût de la sécurisation des convois. Ce que montrent en revanche ces réunions tenues à intervalles rapprochés, trente-deux depuis leur lancement, c’est la vigilance maintenue sur un poste qui commande le transport, l’industrie et une partie de l’agriculture irriguée du pays.
Une trente-troisième réunion de suivi devrait logiquement suivre. Aucune date n’a été annoncée. Le carburant, lui, continue de rouler.