Le dépouillement est achevé. C’est après le décompte de l’ensemble des suffrages que la Commission électorale a rendu public le résultat, qui valide le remplacement du régime semi-parlementaire en vigueur par une architecture institutionnelle donnant la main au président de la République. Le texte modifie donc l’équilibre entre la présidence, le gouvernement et le Parlement, un partage qui structure la vie politique bissau-guinéenne depuis des décennies.
Ni le score du « oui », ni le taux de participation n’ont été communiqués dans les résultats relayés par les deux médias. Ce sont pourtant les deux chiffres qui diront si la réforme dispose d’une base électorale large ou étroite.
Le scrutin intervient à l’approche d’élections générales censées rétablir un pouvoir civil avant la fin de l’année, indique Africanews. Aucune date précise de ces élections n’apparaît dans les informations diffusées.
Indépendante depuis 1974, la Guinée-Bissau a connu une série de coups d’État et de tentatives de renversement qui en ont fait l’un des pays les plus instables de la façade atlantique africaine. Le système semi-parlementaire, avec un président élu au suffrage universel et un Premier ministre issu de la majorité parlementaire, y a nourri des cohabitations conflictuelles et des dissolutions à répétition. Concentrer l’autorité entre les mains du chef de l’État est présenté par ses partisans comme un remède à ce blocage ; ses adversaires y voient l’inverse.
Pour les producteurs, l’enjeu n’est pas d’abord institutionnel. L’anacarde fournit l’essentiel des recettes d’exportation du pays, et chaque campagne de commercialisation s’ouvre sur un prix de référence au producteur arrêté par les autorités, puis sur des négociations avec les acheteurs asiatiques. Une crise politique en début de campagne se paie en tonnes non exportées et en revenus perdus dans les villages du sud et de l’est. Un exécutif stable, quel que soit son visage, compte ici autant qu’un article de Constitution.
Reste à savoir qui promulguera le texte, et selon quel calendrier les scrutins législatif et présidentiel seront convoqués. Les partis d’opposition n’ont pas fait connaître leur position sur le résultat. Le référendum est tranché. La transition, pas encore.