Oswald Natu Tweh dirige désormais par intérim le ministère de la Défense nationale, à la place de Geraldine J. George. Au Commerce et à l’Industrie, Stephen Marka Yekeson Jr. remplace Magdalene E. Dagoseh dans les mêmes conditions. Les deux femmes écartées de leurs fonctions seront affectées à d’autres postes du gouvernement, sans que la présidence ait indiqué lesquels.
La série ne s’arrête pas là. Christopher Ben Bailey prend l’intérim du poste de superintendant du comté de Grand Gedeh, dans le sud-est du pays, frontalier de la Côte d’Ivoire. À l’Agence nationale d’aide alimentaire, Mike Khailelu B. Jabateh devient directeur général adjoint par intérim chargé de la communication. Daniel Frank Gould II, lui, est proposé au conseil des commissaires de la Commission des marchés publics et des concessions (PPCC) : sa nomination reste suspendue à la confirmation du Sénat.
Qui contrôle les contrats publics au Liberia ? C’est précisément le rôle de la PPCC, l’organe qui encadre l’attribution des marchés de l’État et des concessions accordées aux opérateurs privés, dans un pays dont les recettes dépendent largement du fer, du caoutchouc, du bois et de l’huile de palme. Un siège au conseil des commissaires n’est donc pas un poste décoratif : il pèse sur la façon dont les contrats sont attribués, et contestés.
Le ministère du Commerce et de l’Industrie, second portefeuille remis à un intérimaire, suit pour sa part les licences d’importation et les prix des produits de base. Dans un pays où le riz consommé provient en grande partie de l’étranger, tout comme les carburants, ce ministère se retrouve en première ligne dès qu’un prix de détail bouge sur les marchés de Monrovia ou de l’intérieur.
Volet disciplinaire : Frederick S. Cooper, vice-ministre chargé de l’administration au ministère du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale, est suspendu pour soixante jours sans salaire. L’Executive Mansion, la présidence libérienne, justifie la mesure par un comportement qu’elle estime incompatible avec la fonction de responsable public. Les faits précis reprochés à l’intéressé n’ont pas été rendus publics, et aucune procédure judiciaire n’a été évoquée.
Joseph Nyuma Boakai a saisi l’occasion pour s’adresser à l’ensemble de son administration, avertissant les responsables publics que la fonction s’accompagne d’une obligation de rendre des comptes et qu’aucun comportement portant atteinte à l’intégrité du gouvernement ou à la confiance des citoyens ne serait toléré, rapporte FrontPage Africa. Arrivé au pouvoir en janvier 2024, le président a fait de la discipline administrative un thème récurrent de son mandat.
Le Sénat doit encore se prononcer sur Daniel Frank Gould II. Les intérims, eux, n’ont reçu aucun terme.