Le document tient en quelques pages et n’engage aucun financement public. Il pourrait pourtant changer le parcours de centaines d’étudiants de la région Volta : Ho Technical University (HTU) et Praise Export Services Ltd. se sont entendues, lundi 24 août à Ho, pour accueillir en entreprise les étudiants et une partie du personnel enseignant de l’établissement.
La convention a été paraphée par le vice-chancelier de l’université, le professeur Ben Honyenuga, et par le directeur général de l’entreprise, Godwin Edem Adordie. Praise Export Services opère dans l’agriculture, la transformation agroalimentaire, l’exportation, l’hôtellerie et l’écotourisme. Aucun montant, aucun nombre de places de stage et aucun calendrier n’ont été rendus publics.
Le vice-chancelier a relié l’accord à une réforme pédagogique déjà engagée : le passage à un stage industriel couvrant un semestre entier. « Nos étudiants effectuent désormais un stage industriel d’un semestre complet et, grâce à ce partenariat, ils seront placés dans vos entreprises pour apprendre et travailler avec vous », a déclaré Ben Honyenuga lors de la cérémonie, selon MyJoyOnline. Visites d’usines, stages, affectations de service national et formation continue des enseignants figurent aussi au texte.
Côté entreprise, Godwin Edem Adordie a annoncé l’ouverture aux étudiants des installations du groupe à Accra ainsi que du parc écotouristique Praise City, connu à Ho sous le nom de « Point & Kill ». Le dirigeant, ancien enseignant de l’établissement du temps où celui-ci était un institut technique, a rappelé que sa société avait déjà offert un séchoir industriel à l’université.
Un séchoir n’est pas un détail. Dans la transformation des fruits, du manioc ou des épices destinés à l’export, la maîtrise du séchage conditionne la qualité du produit fini, donc le prix obtenu à la vente. Former des techniciens sur des équipements réellement utilisés par les exportateurs répond à un reproche récurrent adressé aux universités techniques ghanéennes, issues de la conversion des anciens polytechniques : des diplômés formés à la théorie, peu familiers des ateliers.
La région Volta, dont Ho est la capitale, vit largement de l’agriculture et de la première transformation. L’accès à des unités agro-industrielles en activité y reste rare pour les étudiants, et les employeurs locaux peu nombreux à formaliser des programmes d’accueil.
La signature s’est déroulée en présence du registraire par intérim de l’université, Michael T.K. Todoko, du responsable de Praise City, Godwin Edem Afeawo, du pro-vice-chancelier Christopher Mensah et de Faustin Adoku, chargé du développement des activités.
Reste la question que le texte ne tranche pas : combien d’étudiants partiront réellement en entreprise, et à quelle date. La première promotion concernée par le stage d’un semestre dira si l’accord tient ses promesses.