Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nacanabo, a remis au ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simpore, 2 013 bâtons d’explosifs, 47 rouleaux de cordons détonants et 3 284 détonateurs électriques. S’y ajoutent 107 équipements de connexion satellitaire Starlink, quatre boîtiers de fibre optique, un rouleau de câble de connexion, 172 paires de chaussures de sécurité et 7 500 litres d’essence. La Brigade mobile des douanes de Bobo avait saisi l’ensemble de ce lot.
La journée avait commencé quelques heures plus tôt au Bureau principal des douanes de Bobo-Gare. Le directeur général des douanes, l’inspecteur divisionnaire Yves Kafando, y a présidé la montée des couleurs, au son du Ditanyè, l’hymne national. Les agents du bureau ont ensuite montré à la presse plus de 23 tonnes de riz avarié qu’ils ont retirées du circuit commercial.
L’administration douanière présente cette saisie comme la neutralisation d’un risque sanitaire : ces denrées, impropres à la consommation, auraient pu atteindre les assiettes de milliers de familles, écrit Lefaso.net. La fraude, souligne la douane, ne coûte pas seulement des recettes au budget de l’État. Elle atteint aussi la santé des consommateurs.
Le riz constitue l’une des bases de l’alimentation urbaine burkinabè, et le pays, enclavé, fait entrer le riz importé par les corridors routiers et ferroviaires depuis les ports du golfe de Guinée. Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays et nœud logistique de l’axe vers Abidjan, concentre une large part de ce trafic de marchandises. C’est ce qui donne à un bureau comme celui de Bobo-Gare son rôle de filtre.
Le second volet de la journée touche à la sécurité. Explosifs, cordons détonants et détonateurs électriques circulent légalement pour les mines et les carrières, sous régime d’autorisation. Détournés, ils alimentent la fabrication d’engins explosifs improvisés, l’une des armes les plus employées par les groupes armés au Sahel contre les convois militaires et civils. Les terminaux satellitaires, eux, fonctionnent sans passer par les réseaux terrestres nationaux.
Devant ses agents, Yves Kafando a défendu une conception élargie du métier : la douane ne se limite pas, selon lui, à mobiliser des recettes publiques, elle relève aussi de la santé publique, de la lutte contre les trafics et de la défense nationale. Le directeur général a remercié les agents pour un travail mené, a-t-il rappelé, dans des conditions parfois difficiles.
D’où venaient ces 2 013 bâtons d’explosifs ? Par quelle frontière sont-ils entrés ? Le directeur général des douanes ne l’a pas dit. La réponse pèse pourtant plus lourd que la cérémonie.