Cinquante et un milliards de francs CFA, un peu moins de 78 millions d’euros : c’est la somme que le Cirdi, tribunal arbitral que la radio situe à New York, a accordée le 4 septembre au groupe italien Piccini, l’un des constructeurs qui se sont succédé sur le chantier du complexe sportif d’Olembé, à la périphérie ouest de Yaoundé.
Yaoundé refuse. Cyrille Tollo, conseiller technique auprès du ministre des Sports, a déclaré à RFI que le Cameroun contestait cette décision, qu’il considère comme injustifiée, et qu’il allait faire appel. La procédure oppose l’État à plusieurs entreprises qui ont travaillé sur le site, et le dossier Piccini n’est que l’un des contentieux ouverts.
Sur le terrain, l’enceinte de 60 000 places est bel et bien sortie de terre. Mais les travaux d’embellissement et plusieurs structures annexes restent inachevés, et le chantier d’achèvement est à l’arrêt. Annoncé il y a une dizaine d’années comme un projet phare des infrastructures sportives du pays, Olembé devait accueillir des matchs de la Coupe d’Afrique des nations, disputée au Cameroun entre janvier et février 2022.
Quatre ans après le tournoi, le stade fonctionne donc à moitié, et il coûte encore. Qui paiera la facture arbitrale ? Elle pèse, en l’état de la sentence, sur le budget de l’État, c’est-à-dire sur le contribuable camerounais, tant que le recours annoncé n’a pas prospéré. Ni le calendrier de cet appel ni celui d’une éventuelle reprise du chantier n’ont été communiqués.
L’écrin est debout. Le chantier, lui, attend une décision de juristes installés à des milliers de kilomètres d’Olembé.