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Matières premières agricoles

Le sucre brut gagne 20 % en un mois sur fond de mousson indienne déficitaire

Les cours mondiaux du sucre brut ont bondi de 20 % en août pour retrouver leur plus haut niveau depuis mai 2025, sous l'effet de craintes climatiques venues d'Inde, du Pacifique et d'Europe, rapporte RFI Économie.

Illustration : sucre.
Illustration : sucre. Photo : alexandre saraiva carniato / Pexels

Un million de tonnes de sucre brut importables sans droit de douane : c’est la porte que le gouvernement indien a ouverte à ses sucreries à la mi-août, pour tenter de faire refluer des prix intérieurs parvenus à des niveaux records. L’Inde est le deuxième producteur mondial. Sa mousson s’est révélée moins pluvieuse que d’habitude, et la perspective de voir un tel acheteur se présenter sur le marché international a suffi à retourner les cours.

« Le fait qu’un géant du sucre se prépare à importer potentiellement de tels volumes est un signal qui inquiète le marché », explique Timothé Masson, secrétaire général de l’Association mondiale des planteurs de betteraves et de canne à sucre, cité par RFI Économie. Après plusieurs mois d’atonie, la hausse d’août a ramené les prix à leur sommet depuis mai 2025.

Le climat n’inquiète pas seulement en Asie du Sud. El Niño, la perturbation qui réchauffe le Pacifique, s’annonce d’une intensité record cette année, ce qui laisse craindre des dérèglements marqués en Inde, en Thaïlande et en Australie. Au Brésil, premier exportateur mondial, le phénomène pourrait au contraire apporter davantage de pluies et freiner la fin de la campagne de broyage, selon Timothé Masson.

En Europe, plusieurs bassins betteraviers ont subi des conditions extrêmes au printemps et durant l’été, avec des épisodes de canicule à répétition, rappelle l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre. La récolte devrait s’en ressentir. Les prix européens se tendent, sans avoir suivi l’envolée des cours mondiaux.

S’y ajoute le pétrole. Quand le baril monte, l’éthanol devient plus rémunérateur que le sucre, et les industriels de la canne arbitrent en sa faveur. Au Brésil, ces arbitrages ont été observés dès que les prix ont dépassé 90 dollars le baril en août. Le pays devrait néanmoins maintenir une production de sucre à peu près stable, autour de 40 millions de tonnes pour une récolte qui s’achèvera en mars, selon le négociant Sucden, des chiffres à manier avec prudence à ce stade de la campagne.

Qui achète, aujourd’hui ? Les fonds, notamment. Fin juillet, les spéculateurs étaient vendeurs de plus de 6 millions de tonnes, ce qui donnait au marché une impression d’abondance, même artificielle. Ils sont désormais acheteurs de plus d’un million et demi de tonnes, un retournement qui renforce le sentiment de demande et alimente la hausse, indique Timothé Masson.

Pour l’Afrique de l’Ouest, le sujet n’a rien d’abstrait. La région consomme un sucre largement issu de brut importé puis raffiné sur place, et le Nigeria concentre l’essentiel de cette capacité de raffinage. Une tonne de brut plus chère se répercute mécaniquement sur le coût de la matière première des raffineurs, puis sur les prix de détail, dans des pays où l’inflation alimentaire pèse déjà lourd sur les ménages.

Reste une inconnue qui entretient la fièvre : la statistique brésilienne. Unica, la fédération des industriels de la canne, du sucre, de l’éthanol et des bioénergies, a espacé la publication de ses données de broyage, pourtant déterminantes pour estimer les volumes disponibles à l’export, selon l’agence Bloomberg. Les opérateurs avancent donc à vue jusqu’à la fin de la récolte brésilienne, en mars. Le marché n’aime pas le silence des chiffres.

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Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

DELTA Nigeria : première économie et première population du continent. Politique fédérale, pétrole, naira, sécurité, industries créatives. delta@www.referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

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