Seize. C’est le coefficient appliqué depuis septembre 2026 aux droits d’inscription des étudiants extracommunautaires dans les universités françaises. La hausse s’inscrit dans la stratégie « Choose France for Higher Education » décrétée par les autorités françaises, et ne concerne que les ressortissants de pays situés hors de l’Union européenne.
Le montant réclamé équivaut désormais au salaire moyen en France. Les étudiants de l’Union européenne, eux, continuent de payer le tarif ordinaire, celui d’un système d’enseignement supérieur public dont l’État couvre l’essentiel du coût réel. Le détail des exonérations ou des bourses susceptibles d’atténuer la facture n’a pas été précisé.
Près d’un étudiant étranger sur deux inscrit dans une université française vient d’Afrique. Ce sont donc les familles du continent qui absorbent l’essentiel du choc, alors que la France demeure l’une des premières destinations des bacheliers francophones d’Afrique de l’Ouest, du Sahel et d’Afrique centrale.
Parmi ceux qui contestent la mesure figure Hamit Wachi Allatchi, Tchadien, président du Collectif des étudiants extracommunautaires de l’université de Strasbourg, interrogé dans l’émission Afrique Midi. RFI retient un mot pour résumer la position du collectif dans le titre de cet entretien : « discriminatoire ».
Reste la question que personne ne pose à Paris : qui paie ? Ces droits se règlent rarement avec des revenus français. Ils sont assumés par des foyers de N’Djamena, de Ouagadougou ou de Nouakchott, dans des économies où le salaire moyen est sans commune mesure avec celui qui sert désormais de référence au tarif universitaire. Un mois de salaire français représente, pour beaucoup de ces familles, plusieurs mois, parfois davantage, de revenu du ménage.
Le principe n’est pas inédit. En 2019 déjà, la France avait relevé les droits d’inscription des étudiants extracommunautaires dans le cadre du plan « Bienvenue en France », provoquant des recours et des contestations dans plusieurs universités, dont beaucoup avaient alors choisi d’exonérer une partie de leurs inscrits. Sept ans plus tard, le même débat revient, avec un multiplicateur autrement plus lourd.
Les cours ont commencé. Combien de dossiers africains manqueront à l’appel l’an prochain, aucune statistique ne le dira avant la prochaine rentrée.