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UEMOA · Paiements numériques

Vingt-quatre établissements sénégalais connectés au paiement instantané de la BCEAO, Wave n’y figure pas

La Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest a publié la liste, arrêtée au 31 juillet 2026, des établissements habilités à ouvrir au public sa plateforme de paiement instantané. Le Sénégal en compte vingt-quatre, rapporte Dakaractu, mais Wave en est absent.

ZiguinchorBCEAO, Sénégal. Image d'archive.
ZiguinchorBCEAO, Sénégal. Image d'archive. Photo : Ji-Elle / Wikimedia Commons, Public domain

Vingt-quatre au Sénégal, vingt-trois en Côte d’Ivoire, quatorze au Mali : le décompte arrêté à la fin juillet 2026 place l’écosystème financier sénégalais devant ceux de ses voisins. On y trouve des banques commerciales comme Ecobank, UBA ou la CBAO, des acteurs de la finance mobile comme Orange Finances Mobiles et Mobile Cash SA, qui exploite Mixx Sénégal, et des institutions de microfinance telles qu’UM-PAMECAS ou Baobab. Un nom manque. Celui de Wave, premier opérateur de transfert d’argent par téléphone du pays, qui n’apparaît pas parmi les participants autorisés.

La Plateforme interopérable du système de paiement instantané, désignée par le sigle PI-SPI, a été lancée le 30 septembre 2025 à Dakar, en présence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et du gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou. Le principe est simple : chaque établissement conserve son propre système, mais tous dialoguent par un protocole commun, la Banque centrale jouant le rôle de chambre de compensation. Un client envoie ou reçoit de l’argent avec un simple numéro de téléphone ou un alias, sans livrer d’informations personnelles, et un QR code unique suffit au commerçant pour accepter tous les moyens de paiement. L’opération s’exécute en moins de dix secondes, contre des délais d’encaissement qui pouvaient atteindre quarante-huit heures, et reste gratuite pour les particuliers à l’intérieur d’un même pays.

Une échéance déjà repoussée

Le calendrier, lui, a glissé. Quarante-cinq établissements étaient prêts le jour du lancement, en septembre 2025, et la BCEAO avait fixé au 30 juin 2026 la date limite de connexion obligatoire pour toutes les institutions financières de l’Union. Au 2 avril 2026, quatre-vingts participants étaient effectivement raccordés et quarante-deux autres poursuivaient leurs tests techniques. Le 25 juin 2026, la Banque centrale a annoncé un report : les banques, les émetteurs de monnaie électronique et les établissements de paiement ont jusqu’au 30 septembre 2026, les institutions de microfinance jusqu’au 30 juin 2027. Elle a justifié ce délai supplémentaire par la nécessité d’assurer la fiabilité, la sécurité et la qualité du service rendu aux usagers.

Wave, de son côté, évoque des prérequis techniques encore en cours de finalisation. L’opérateur indique n’avoir reçu, à ce stade, que des informations préliminaires sur le processus d’intégration et précise qu’une dérogation lui a été accordée pour achever certains travaux. Il ajoute que la mise à l’échelle du dispositif incombe d’abord à la Banque centrale, dont il est un assujetti.

Ce que la gratuité coûterait à l’opérateur

Plusieurs facteurs éclairent cette temporisation, selon Dakaractu : un flou réglementaire persistant, l’adhésion encore prudente de certaines banques, dont NSIA, et le statut particulier sous lequel Wave opère dans certains pays de la zone, qui complique un raccordement direct. Une autre voie se dessine, celle d’une entrée dans le système par sa nouvelle entité bancaire, Wave Bank Africa, plutôt que comme émetteur de monnaie électronique classique. L’hypothèse suggère moins un refus de principe qu’un itinéraire différent de celui emprunté par Orange Money, Mixx ou Touchpoint.

Reste la question qui agite les professionnels du secteur : pourquoi un client paierait-il un transfert Wave si la même opération, via le PI-SPI, est gratuite et quasi instantanée vers n’importe quel compte de la zone ? Le modèle de l’entreprise s’est construit sur la facturation des envois d’argent, quand les retraits, eux, sont restés gratuits, argument commercial qui la distingue de ses concurrents. Adhérer à une plateforme où le transfert ne coûte rien supposerait donc de basculer vers la facturation du retrait, comme le pratiquent déjà d’autres opérateurs de la région. D’autres observateurs rappellent que plusieurs acteurs prélevaient des commissions de l’ordre de 1 % avant de rejoindre le dispositif et d’y renoncer.

L’échéance du 30 septembre 2026 approche pour les émetteurs de monnaie électronique. D’ici là, la Banque centrale n’a pas indiqué ce qu’elle ferait des établissements encore hors du dispositif.

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TERANGA Sénégambie et espace lusophone : Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Cabo Verde. Vie politique, pêche, ports, migrations, création culturelle. teranga@www.referenceinfos.com

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