Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a quitté Ouagadougou lundi 26 octobre 2026. Le Premier ministre conduit la délégation burkinabè au troisième sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou, et au Forum économique et humanitaire qui lui est adossé. Il y représente le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
Les travaux doivent dresser le bilan du plan d’action 2023-2026 qui lie Moscou aux capitales africaines, puis adopter une déclaration et un nouveau plan pour la période 2027-2029. Au programme des discussions : le commerce, les investissements, la sécurité alimentaire et énergétique, et la souveraineté des États. Le forum doit, lui, aborder le développement industriel, les transferts de technologies, la transformation numérique, l’intelligence artificielle, les usages pacifiques de l’énergie nucléaire, ainsi que la santé, l’éducation et la formation.
Que va chercher précisément Ouagadougou dans cette enceinte ? Selon Lefaso.net, le chef du gouvernement portera trois priorités au nom du président du Faso : la transformation locale des ressources, la maîtrise des technologies et la formation des jeunes, avec l’objectif de promouvoir des projets concrets. Des entretiens bilatéraux et des audiences sont prévus en marge des travaux, sur la sécurité et le développement. La composition de la délégation n’a pas été détaillée.
Le déplacement prolonge une séquence engagée de longue date. Le Burkina Faso et la Russie ont signé le 12 février 2026 un accord sur les fondements de leurs relations, texte de cadrage qui sert aujourd’hui de socle aux discussions. Les autorités de transition présentent ce rapprochement comme une diversification des partenariats, fondée sur l’égalité et les intérêts réciproques.
Le format n’est pas neuf. Après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023, ce troisième rendez-vous réunit à nouveau des dirigeants du continent autour du président russe Vladimir Poutine. Entre-temps, le Burkina Faso a rompu sa coopération militaire avec la France, s’est rapproché du Mali et du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel, puis a quitté la Cedeao avec ses deux voisins. Moscou est devenu l’un de ses interlocuteurs de premier plan.
Reste la question que l’annonce ne tranche pas : celle des contreparties économiques. La transformation locale des ressources, mot d’ordre répété par les autorités burkinabè, vise au premier chef l’or, principal produit d’exportation du pays, dont l’essentiel part aujourd’hui sous forme peu transformée. Un transfert de technologies se mesure à des usines, à des calendriers et à des financements, pas à des communiqués.
Le plan d’action 2027-2029 dira donc l’essentiel. Sa publication est attendue à la clôture des travaux, le 29 octobre.